Out of Curaçao ; une bonne remise à niveau !
Mardi 1er Novembre 2022 . Inoui avait des fourmis dans les coques après un si long manque de navigation et nous partagions son envie de retrouver les sensations du large. Lors de cette traversée de Curaçao, vers l'archipel des Turks (Turks & Caïcos Islands), nous fûmes comblés !
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Certes la météo prévoyait des vents modérés (maxi 25 nœuds), aucun vent contraire, mais aussi des risques de grains et orages, classique en cette fin de saison cyclonique , certainement pas des plus engageants, mais pas rédhibitoire, d'autant qu'à 10 jours de prévision météo, aucune amélioration notable se dessinait.
Départ après une fin de nuit pluvieuse, donc les tauds, annexe … sont stockés mouillés dans le bateau, ambiance humide dès le début.
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Les premières 24 h se déroulent comme prévues, au près bon plein par 20-25 nœuds de vent. Inoui joue à saute mouton sur les vagues, nous secoue et nous éclabousse : ambiance shaker humide !
Dans ces conditions nous préférons barrer, relais toutes les heures le jour, 1 heure et demie la nuit, musclé mais c'était un peu ce que nous cherchions.
Le lendemain le vent mollit un peu, la mer s'aplatit, mais problème : la barre est très dure et le pilote refuse de gérer !. Je finis par le désolidariser de la barre à roue, qui redevient douce, mais obligation de barrer en permanence, y compris dans le petit temps où le pilote ne se laisse pas déconcentrer et est nettement plus performant que nous ! Cependant malgré le vent au près et la mer formée, les 300 premiers Miles sont avalés en une grosse trentaine d'heure à 7,5 nœuds de moyenne.
Le Mona Passage, (entre Porto Rico et Hispagnolia), célèbre route empruntée par les galions espagnols venant d'Amérique du Sud chargés d'or, est calme pour nous, pas de vaisseau pirate en embuscade, la houle est arrêtée par Porto Rico, mais le vent refuse, et c'est au près très serré. que nous passons à raser le cap Ergano, pointe Nord Est d'Hispañolia (île regroupant la République Dominicaine et Haïti).
Avec notre cap maintenant orienté Nord-Ouest, le vent est plus portant, la houle arrive de l'arrière, Inoui est confortable à cette allure. Mais comme le prévoyait les cartes météo d'instabilité de l'air (CAPE et CIN), de gros nuages cumuliformes se développent : à nous les grains et leurs cortèges de désagréments : pluie abondante, survente devant le grain et pétole derrière et surtout pour les plus gros, orages avec de la foudre, un des principaux dangers en mer.
Pendant les 2 jours suivants, séances à la barre selon le rythme habituel, changements de voilure, selon les grains et grosse douche pour le barreur qui à la fin de son quart retrouve avec plaisir, une cabine et des vêtements secs, ces conditions sont un peu épuisantes.
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La grosse déprime est surtout apparue lors des longues pèriodes sans vent, derrière les gros grains, Inoui se traînait à 2 nœuds, laissant présager une ou des nuits supplémentaires en mer, alors nous faisons appel à la risée ''Diesel'', avec un seul moteur en appui des voiles, nous dépassons les 5 nœuds.
Les orages sont en général restés au loin et nous admirions les éclairs dans la nuit, spectateurs pervers, tels Néron lors de l'incendie de Rome. Cependant un nous est passé dessus, très actif, nous nous serions crus en plein jour vue la fréquence et proximité des éclairs. J'ai relié le gréement à la mer via des chaînes enroulés autour des haubans, protection sans doute légère si un éclair choisissait ce seul point haut à des kilomètres qu'est le mât d'Inoui pour rejoindre la terre ; finalement plus de peur que de mal, nous avons été épargnés !
Outre le plaisir d'être en mer, j'ai parfois une joie supplémentaire quand la pêche au filet nocturne a été bonne et que je ramasse quelques poissons volants dans les trampolines d'Inoui, aussitôt cuisiné marinés et consommés le midi afin qu'ils ne soient pas morts pour rien.
De jour, nous voyons des centaines de poissons volants hors de l'eau, fuyant devant la menace représenté par la forme suspecte qui leur fonce dessus. De nuit, une erreur de trajectoire peut les amener à bord. Je n'ai pas sorti la ligne de traîne en raison de la grande quantité de sargasses rencontrées, qui se prendraient illico dans les hameçons.
Samedi 5 novembre, après la quatrième nuit en mer, nous apercevons au loin l'île visée : Big Sand Cay, une île déserte au Sud de l'archipel des Turks. Je l'avais choisie car son approche par le Sud est assez clair, le mouillage est dégagé pour un accès à l'Ouest, donc prenable même la nuit, en se basant sur les indications du sondeur, et comme nous arrivons le week end, les administrations sont fermées et réclament des taxes ''d'over time'' pour les formalités, alors autant attendre cools, cachés jusqu'à lundi matin, d'autant que 2 jours de repos au mouillage seront reconstituants.
Je n'avais pas prévu, le dernier grain qui salue notre fin de traversée, plus de 30 nœuds de vent et Inoui qui surfe entre 16 et 18 nœuds de vitesse vers notre objectif, un peu stressant ! Mais l'équipage est entraîné, une fois passé sous le vent de l'ïle, les voiles sont affalées et ferlées rapidement et au moteur nous choisissons notre mouillage, meilleur abri de la houle, meilleure vue, fond de sable 4 m, l'ancre croche bien. Yapluka ranger l'intérieur du bateau, l'aérer, le sécher, sortir les tauds de voiles, faire une grande toilette et la liste des menus bricolages (pilote, panneaux solaires qui ne chargent pas, davier intermédiaire à recoller, faire 4 jours de vaisselle, une lessive...)
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Notre île est petite, 2,5 km de long, 200 m au plus large,10 m au plus haut, avec de longues plages .de sable sous le vent, quelques dunes et aussi des petites falaises coralliennes. Adorable et totalement déserte hormis quelques lézards ou oiseaux marins, l'eau est turquoise et invite à la baignade. Une balade à pieds le long de la côte au vent offre un environnement moins glamour avec les habituels déchets plastiques vestiges de l'anthropocène et des monceaux de sargasses, parfois en décomposition.
Autre spectacle affligeant pour des marins, deux épaves récentes sont échouées sur la côte sous le vent, qui a du se trouver ''au vent'' lors du passage d'un cyclone,.
Lundi 7 novembre : la nuit a été perturbée car le vent est passé à l'Ouest, (nous apprendrons plus tard que nous étions au Sud de la tempête tropicale Nicole) donc vent venant du large pour nous ! Nous nous retrouvons l'arrière du bateau dans les rouleaux proches de la plage.
Nous remouillons plus au large, c'est plus secure d'autant que le vent avoisine 15 nœuds mais c'est inconfortable, aussi aux premières lueurs du jour nous faisons cap sur Grand Turks, 15 miles au Nord. Distance vite avalée avec ce bon vent de travers, mais les mouillages recommandés sous la côte ouest de Grand Turks sont trop agités et le débarquement en annexe impossible avec les rouleaux. Nous longeons la barrière de corail au Sud de l'île, la franchissons par le ''great cut'' et allons mouiller sous la côte Est devant la plage ''Hawks nest'' bien abritée de ce vent.
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Un paquebot est arrivé en même temps que nous et déverse son flot de touristes, dans le ''Cruise Ship Terminal'' que nous visitons à la recherche des ''Customs & immigration'' qui finalement auraient installé leurs bureaux en ville. Nous profitons d'un taxi collectif chargé de touristes pour rejoindre ce centre ville et apprendre que les Customs ont migré près du Cruise Ship Terminal.
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Notre taxi nous y ramène. Les formalités sont longuettes, pas des flèches ces douaniers, d'autant qu'ils sont plus préoccupés à mettre en place les décos de Noël qu'à s'occuper de nous. Moyennant 50 $ de clear in, notre entrée est validée, comme espéré, à ce jour 10h, pas vus pas pris ! Nos douaniers téléphonent aux services sanitaires qui viennent vérifier nos certificats de vaccination Covid et à un officier de l'Immigration qui vient tamponner les passeports. Quasi 3 heures plus tard nous rejoignons le Terminal pour un café-sandwich au Starbucks avec une bonne connexion internet.:
Lors de notre tournée en Taxi, nous avons repéré d'autres lieux importants de l'île, ce sera pour demain !
Donc le lendemain matin nous partons à pieds (5km), à nos risques et périls, nous prévient l'avis du poste de sécurité,
En route vers le Digicel Store pour acheter des cartes SIM locales ainsi que des datas pour une semaine : à nous internet à bord ! Ensuite nous enchaînons vers l''historic downtown'', en fait une succession de boutiques et restos pour touristes amenés par wagons
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. En nous fiant à l'obésité des clients locaux, nous choisissons le food truck le plus côté,
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une seule part de ''Jerk chicken'', délicieux au demeurant, sera largement suffisante pour rassasier nos deux estomacs. L'île a produit du sel jusqu'en 1964, les anciens marais salants sont devenus des paradis pour les oiseaux.
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et enfin nous refaisons l'appro du bord, mis à mal par 6 jours de traversée-mouillage tout en constatant que les prix sont élevés dans ces îles : en gros 50% plus cher qu'à Curaçao.
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Mercredi 9 : après avoir attendu une bonne visibilité, nous retraversons la barrière de corail et faisons route vers South Caicos, une vingtaine de miles à l'ouest, île située en bordure Sud Est du Grand Banc des Caïcos. Bon mouillage bien abrité par 5 m fond de sable : nous assistons au retour des barques de pêche et curieux allons assister au débarquement des prises : des centaines de grosses langoustes dont ils ne conservent que la queue.
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Une balade s'impose dans le village, calme, parsemé de maisons de pêcheurs, avec un unique bar restaurant, une épicerie et des colonies de flamands roses.
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La vue des langoustes a réveillé en moi l'instinct de chasseur et le lendemain matin nous mouillons derrière une Caye déserte proche de l'entrée du Grand banc et je plonge ! Pas la gloire, après 2h30 d'apnées, je n'ai ramené que deux langoustes de taille modeste (moins d'une livre) et un lambi qui rejoindra dans la casserole, celui pêché la veille. Ma zone de pêche a été raccourcie par la présence d'un gentil requin de plus de 3 m, je l'ai laissé dans son spot de baignade et lui dans le mien, cool !
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Vendredi 11 novembre : nous traversons le Grand Banc, plus de 40 miles par des fonds voisins de 3 m, une eau turquoise, pas de houle, un petit vent arrière qui nous pousse à 5 nœuds : 8 heures de bonheur bleuté, de solitude reposante : un de mes plus beaux souvenirs de navigation.
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Nous mouillons le soir à Providenciales, dans la baie de Sapodilla, proche des autorités et bordée de villas et resorts pour touristes. Nous avons un week end pour repérer le bureau des Customs, car lundi nous devons effectuer notre ''clear out'' avant 10 h, cela fera 7 jours officiels, au delà c'est 300 $ de plus puis ensuite trouver un moyen de nous rendre en ville pour visiter et acheter quelques fruits et légumes.