Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog du catamaran inoui

Los Testigos et arrivée à Puerto La Cruz

22 Octobre 2012 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

 Dimanche 14 octobre : lever à 2 h du matin, l'ancre est relevée sans encombre et nous nous glissons par nuit noire entre les bateaux peuplant le mouillage de Prickly Bay (Sud de Grenade). Certains ne sont pas éclairés, d'autres ont un feu de mouillage en tête de mat, donc peu visible quand nous sommes à proximité, mais Marie-Noëlle veille à l'avant éclaire les obstacles.

 

Sillage lever SoleilLa sortie de cette baie est dépourvue de hauts fonds, donc une fois les bateaux évités la route est claire et Inoui sous grand' voile haute et trinquette file à 8-9 nœuds vers los Testigos, distants de 90 miles. Le vent est Sud-Est d'une vingtaine de nœuds par le travers, la mer est peu agitée, ce sont de bonnes conditions de navigation. Au lever du jour, le vent se renforce un peu et Inoui dépasse régulièrement les 12 nœuds ce qui m'oblige à prendre le premier ris de la saison. La prise de ris est une manœuvre magique sur la force du vent : j'ai la flemme de le prendre, le vent continue à augmenter, je le prends, le vent mollit... Donc deux heures plus tard la grand'voile est de nouveau haute et plus nous nous approchons des Testigos plus le vent faiblit.

 

 

 

 

FrégatesEt c'est dans une brise évanescente que nous passons entre les îlots du large survolés par des centaines de frégates. Cet oiseau au vol majestueux, a colonisé ces îlots dont les rochers sont blanchis au gouaneau. . Il est 14 h lorsque nous mouillons l'ancre dans la rade principale devant le poste des Guardia Costa. Nous sommes les seuls plaisanciers. Priorité à la sieste, puis nous effectuons notre déclaration d'arrivée auprès de jeunes militaires efficaces, mais aussi accueillants et sympathiques, il faut dire qu'ils ne doivent pas avoir beaucoup de distraction en poste sur ce caillou, en dehors de leur terrain de beach volley et de la statue de la Vierge.

L'essentiel pour nous est d'être autorisés à séjourner plusieurs jours aux Testigos, alors que nous n'avons pas encore fait d'entrée officiel au Vénézuela

 

 

 

Fleur de Sel. Nous repérons d'autres voiliers dans un mouillage distant d'un mile et notre instinct grégaire nous amène à mouiller près d'eux à la tombée de la nuit. Bingo, nous y découvrons « Fleur de Sel » qui fut notre voisin de ponton à Agadir et que nous avions retrouvé ensuite au Cap Vert et en Martinique. Nous sommes 4 plaisanciers au mouillage dans tout ce magnifique archipel et nos trois voisins sont des habitués des lieux qu'ils fréquentent depuis des années, voire des dizaines d'années.

 

 

 

 

Casiers Testigos

 

 

 

 

 

Notre séjour aux Testigos est agréable, dans un cadre superbe avec des habitants très gentils : ils nous tendent la main lorsqu'ils croisent notre chemin. Quelques dizaines de familles de pêcheurs regroupées en trois villages vivent sur ces îles, ils préparent le début de la saison de pêche à la langouste (1er novembre) et fabriquent des casiers neufs qui s'empilent sur les plages.

 

 

 

 

 

Faro Tamarindo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons enchainé quelques bricolages, des bains, des balades à terre et l'ascension au phare (250 m) par un chemin de chèvre avec vue imprenable sur l'archipel. Nous passons nos soirées avec Jean-Claude et Eliane de Fleur de Sel à bord de l'un ou l'autre des bateaux, en échangeant des tuyaux.

Margarita

 

NonoFaro

 

 

 

 

 

Nous avons donc eu un bon dégrossissage pour nos projets terrestres au Vénézuela car ils ont effectué l'année dernière, les balades que nous projetons. Nous avons eu également de bons renseignements à bord de Coriandre, le bateau de Jean-Pierre et Françoise, qui eux sont des habitués des excursions chez les indiens Waraos le long de l'Orénoque ou des croisières sur le rio Caura, des projets pour notre prochaine saison.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 18 : cela fait déjà trois jours que nous sommes arrivés, il est temps de rejoindre Puerto la Cruz. L'an dernier plusieurs attaques ont eu lieu autour de l'île de , qui est sur notre route, aussi nous visons un passage devant Porlamar, le port le plus actif, vers 2 heures du matin, heure où tout le monde doit dormir.

 

Pinero

 

Donc départ vers 18 h (heure vénézuelienne, c'est à dire TU – 4H30). Autre avantage de ce départ à la nuit, l'attention des pécheurs venus aux Testigos du continent ou de Margarita et vivant à bords de leurs pineros, n'est pas attirée. Autant les habitants des Testigos sont fiables, autant ces saisonniers ont, par le passé, été impliqués dans des attaques. Ils auraient prévenu leurs amis, du départ et de la route des plaisanciers.

 

 

 

 

 

Nous naviguons tous feux éteints car sinon nous serions trop repérables : les bateaux de pêche sont, soit éclairés par un grand nombre de tubes néon soit par des feux clignotants de couleurs variées. Donc quelque chose en mer qui ressemble à un abri-bus ou un arbre de Noël, c'est un pêcheur, si les feux de nav' sont visibles, ce ne peut être qu'un plaisancier.

Ce début de navigation fut superbe : Inoui filait 7-8 nœuds grand largue sur une mer calme, la lune était très discrète et les étoiles très brillantes, avec la totale : voie lactée bien visible, étoiles filantes...

 

Nous passerons finalement devant Porlamar vers 1 h du matin et au lever du jour, Margarita est loin dernière nous. Nous avons rencontré quelques lanchas et sans être parano, c'était toujours avec une petite appréhension que nous avons surveillé celles qui croisaient près d'Inoui. Mais aucun signe d'agressivité, au contraire, des grands signes de salutations.

 

 

 

Lvue de PLCe vent mollit entre les îles à l'approche de Puerto la Cruz, dont les immeubles se profilent au loin, et nous avons besoin d'un appui moteur. Soudain un choc et une hélice qui ne tourne plus rond. Les voiles sont affalées. Je plonge, et je retire un solide sac plastique autour de l'hélice. Il est vrai que les déchets flottants sont légion, nous allons écrire à Chavez pour lui demander de faire de la lutte contre la pollution un des objectifs de son prochain mandat.

 

 

 

Vers 14 h nous arrivons à Puerto la Cruz à la marina de Bahia Redonda, où les muchachos nous aident à amarrer Inoui. La marina est quasi pleine, avec en particulier quelques dizaines de bateaux français qui ont passé la saison cyclonique au Vénez' et sont sur le départ vers l'arc antillais.

 

Après les formalités à la Marina, faciles, nous nous attaquons à la clearance d'entrée du bateau et de son vaillant équipage, formalités complexes que nous avions renoncées à faire l'an dernier faute de temps. Nous confions le dossier à Jose, un Franco Vénézuelien, qui fait agent pour les formalités, mais permet aussi d'avoir accès au change parallèle (1 euro contre 14,5 Bolivares alors que le change officiel est à 5,65, cela diminue le cout de la vie quasiment d'un facteur 3), Jose fait également centre de renseignements et de contacts entre les plaisanciers, et correspond à notre place avec les hispanophones, pour ce qui est des contacts avec les guides, les compagnies de bus, avions, etc.

 

Vota ChavezJe pars à la recherche d'une carte SIM locale pour pouvoir téléphoner lors de nos déplacements sans me ruiner. Nous voici donc partis au centre commercial Plaza Major à un peu plus d'une heure à pieds. Cela nous permet de reprendre contact avec le vie locale, encore fortement marquée par la campagne présidentielle « vota Chavez ».

 

 

Une fois sur place, j'essaie d'expliquer ce que je veux dans mon espagnol basique.Heureusement après quelques boutiques et échecs, Reina, une Arménio-vénézuellienne qui comprend un peu le français, me prend en charge, me fait essayer sa carte SIM, mais loupé, mon téléphone est bloqué SFR. Elle me promène de boutiques en boutiques, négocie pour moi et sélectionne, un joli téléphone à 10 € ce qui avec la carte SIM et quelques heures de communications me reviendra à 17 €. Sauf que le réseau est saturé et que ma ligne ne peut être activée le soir même. Nous rentrons au bateau en taxi avec un bon ravitaillement, mais sans téléphone.

 

 

 

Samedi matin, retour au centre commercial à pieds, sous le soleil, le cœur joyeux, mais pour ouvrir la ligne, il faut le

Virgen

passeport, que je n'ai pas sur moi, au cas où je me ferais agresser. Déprime et retour au bateau en taxi. Samedi après midi, même balade et enfin … j'ai mon téléphone, sous le regard bienveillant de la Virgen del Valle. Nous arrosons l'évènement avec une bière locale prise à une terrasse au bord de la lagune, allez cool Didier ! Pas cher le téléphone mais il faut rajouter à son prix, 2 courses en taxi (50 Bolivares chacune, 3,5 €) et 2 paires de semelles usées...

 

 

 

 

Pendant ce temps, avec l'aide de l'ami Jose, les projets terrestres s'affinent.

Mardi, nous partirons pour Canaïma et Salto Angel (voyage de 4-5 jours) et lorsque nos amis Daniel et Joce arriveront le 12 novembre, nous irons faire une tournée de 7-8 jours dans les Andes (Merida), lac de Maracaïbo et Llanos (Barinas), mais cela est une autre histoire...

 

D'autres photos sur Picasa en cliquant ici : link

Partager cet article

Commenter cet article

jean luc SPATAFORA 31/10/2012 21:54

super le reportage

Martine 22/10/2012 22:30

Sympa votre début de saison et bienvenu pour égayer notre automne !
Certains ont trouvé un hivernage de luxe ...!