Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog du catamaran inoui

Les Roques, les Aves et Bonaire

5 Décembre 2012 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

Plus de photos sur Picasa en cliquant ici :link 

 

 

Jeudi 22 novembre : grosse effervescence dans l'équipage afin de voguer au plus tôt, vers les îles du large !

Grâce à Jose, nous obtenons le zarpe (clearance de sortie) dans la journée, bien que la situation soit complexe : Inoui, Marie-Noëlle et moi faisons leurs sorties du Vénézuela (démarche impossible aux Roques ou Aves, nos prochaines destinations) et Daniel et Joce ne feront leurs sorties qu'à l'aéroport de Caracas. Cela peut coincer en cas de contrôle mais nous n'avons pas le choix dans ce pays où Père Ubu semble avoir organisé l'administration. L'avitaillement est fait au marché le matin et au supermarché le soir. Supermarché où nous avons vécu une panne électrique totale, 30 min dans la quasi obscurité, avec les caisses et les portes bloquées et tout le monde attendant cool : personnel, caissières, clients.... sauf une, devinez qui ?

Pour nous, la bonne nouvelle du jour, est le cours du Bolivar parallèle : il y a une rumeur de dévaluation (oh pardon, réajustement, en langage Chavézien) du Bolivar, aussi les Vénézuéliens un peu nantis, essaient d'acheter de la monnaie forte et se débarrassent de leurs Bolivares. Le cours est passé de 14,5 Bolos pour 1 € à 16,5 en moins d'un mois (rappel : le cours officiel est à 5,6 pour 1 €). Pour un possesseur d'€, le cout de la vie au Vénez' vient de baisser de 15 %....

Dorade_Daniel.jpgVendredi, les pleins étant faits, l'article du blog publié (sans les photos sur Picasa, la connexion étant trop lente), cap au large, d'abord au moteur puis sous voilure de route, le vent se levant en fin de matinée. Traversée cool vers Tortuga, nous en avions besoin après cette dizaine de jours un peu mouvementés. Une daurade coryphène à tendance suicidaire nous sort de notre torpeur en s'accrochant à une ligne de traine, et hop 4,5 kg de poisson frais ! Cette prise confirme, une fois de plus, que les poissons mordent quand le réfri est plein !

Tiens au fait quelle est la météo des jours prochains ?? Nous avons pris le bateau comme nous avons pris l'avion, le bus, le 4X4, les jours précédents, et personne ne s'est inquiété des vents à venir, heureusement, nous aurions un peu angoissé !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Motor_Yacht-Tortuga.jpgSamedi, ploufs autour de Tortuga et soirée à Cayo Herruderia, un des spots de week-end les plus prisés des plaisanciers vénézuéliens. Plus d'une vingtaine de gros motor-yacht sont au mouillage (nous sommes le seul voilier), avec spots lumineux dans l'eau, LED de toutes les couleurs et musique à fond pour couvrir celle du voisin, danses, chants, odeurs de cuisine...

 

 

 

 

 

Dimanche : zéro heure, après quelques petites heures de sommeil nous déradons, nos voisins vénézueliens font encore la fête ! Route vers Los Roques et la passe de Sebastopol, distante de près de 90 miles, passe qu'il nous faut franchir avant 14 h, avant que le soleil de face nous éblouisse. Le vent est assez fort pour la saison, près de 25 noeuds et Inoui sous voilure réduite file à 9-10 nœuds avec une ambiance un peu shaker.

 

Lambis--Roques.jpg

 

 

 

Pas dangereux, mais pas très confortable pour nos deux équipiers pas encore amarinés. Vers 10 h nous embouquons la passe de Sebastopol, un trou de 300 m dans la barrière de corail, profonde, sans danger, sauf de la rater par mauvaise visibilité ! Une fois la passe franchie, la mer est plate, la houle est arrêtée par le récif corallien et nous mouillons derrière un gros bosquet de mangrove : ploufs et premiers lambis péchés sous le bateau.

Les grains se succèdent et nous rafraichissent ce qui est plaisant, cependant cette météo nous préoccupe, mais pas au point de nous perturber dans notre pêche et dégustations de lambis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grain_Roques.jpg

 

 

 

 

Lundi : après une nuit réparatrice, nous partons vers les iles du Nord-Ouest des Roques. Sous voilure réduite nous zigzaguons à vue entre les pâtés coralliens, facilement repérables à la couleur de l'eau. Mais des grains violents s'abattent sur le bateau, plus de 40 nœuds de vent et une pluie dense réduit la visibilité. Inoui à sec de toile, avance encore à 5 nœuds. Je peste : naviguer aux Roques par beau temps entre les pâtés coralliens, c'est superbe, avec visi réduite, c'est le stress ! Nous sommes obligés de nous éloigner de la voie ''touristique'' entre les cayes pour naviguer en eau dépourvue de danger.

 

 

 

Nous retrouvons le spot de snorkeling où l'an dernier nous avions repéré de gros poissons perroquets. Ils nous attendaient et sont toujours aussi beaux, mais la houle déferlant sur la barrière de corail crée un courant contre lequel il est difficile de résister, sauf en s'accrochant aux coraux (avec des gants de caoutchouc pour éviter les brulures par le corail feu). Parfois une vague plus forte nous entraine et nous fait frotter sur les têtes coralliennes. Nous en sortirons un peu rayés, mais le spectacle en valait le peine..

 

 

Mardi et mercredi : souvent seul voilier, nous allons de mouillage en mouillage en choisissant soit un bon abri du vent et loin des moustiques et puri puri, ces mouches de sable aux piqures douloureuses, soit un spot à langouste selon des indications d'amis, soit une zone de mangrove riche en poissons...

Jocelyne a le plus beau palmarès de piqures de puri puri, Daniel et moi du nombre de pagres harponnés (6 à nous deux), encore du poisson au menu et Marie-Noëlle de coquilles de lambi polies. !

Roques-Phare.jpgDans l'après midi de mercredi nous allons à Gran Roque, visiter, repérer le terminal de l'aeropuerto et gravir la colline pour accéder à l'ancien phare et à la chapelle, avec à chaque fois une vue imprenable sur l'archipel. Puis nous partons dormir dans le lagon de Francisqui qui concentre la population de voiliers. Nous en comptons 8. Et depuis 5 jours que nous sommes aux Roques, nous n'avons pas croisé plus d'une quinzaine de voiliers (en dehors de 2 catamarans locaux de day charter).

 

 

 

 

 

 

 

 

Airport-Roques.jpg

 

 

 

Jeudi : c'est le départ de Daniel et Jocelyne, nous remouillons Inoui devant gran Roque, près de l'aéroport et débarquons nos amis en annexe. Le comptoir de la compagnie est une table en bois posée sur le sable, l'enregistrement dure une minute, quant aux bagages, ils devront les porter jusqu'à l'avion. Plus sommaire, tu meurs ! En attendant l'avion, nous prenons un café les pieds dans le sable de la plage, les derniers adieux.... Quand soudain je crois voir une silhouette à bord d'Inoui au mouillage à une centaine de mètres.

 

 

 

 

 

 

 

Adieux rapides aux amis et Marie-Noëlle et moi, nous nous précipitons au bateau. La silhouette porte un uniforme des Guarda Costa et nous attend pour contrôle des papiers. Je lui explique que nous sommes arrivés hier et que nous sommes en transit vers Bonaire : mauvaise pioche, Inoui est repéré depuis plusieurs jours dans l'archipel avec 4 personnes à bord et je n'ai pas fait de déclaration d'entrée, ni payé la taxe du parc national. '' Es ilegal '' martèle notre Garde côte en montrant un formulaire de Citation à comparaitre. En fait son numéro est au point, mais hélas pas le mien : il me calcule ce que j'aurai dû payer au parc (1800 Bolos pour 4 personnes, 1400 pour 2 ). Il me demande des dollars, je nie en posséder et lui montre les 1400 bolos qu'il me reste. Il me fait une ristourne et généreusement, me laisse un peu d'argent car je lui avais dit que je devais acheter de la nourriture et il empoche 1000 bolos (60 €). Corrompu mais bon père de famille !. Ensuite de quoi, il nous remplit une autorisation de transit conforme à mes dires et comme il insiste sur la chaleur et sa soif, il a droit à une bière fraiche ! Notre connaissance des us et coutumes des Vénézuéliens en uniforme, vient de faire un grand bond !

 

 

A 10h30, de retour à terre, nous ne retrouverons pas Daniel et Joce. Ils ont décollé vers 10 h, alors que le départ était prévu à 11h ... Un coup de blues et nous allons faire les courses et consulter nos mails. Le temps de lire ceux de Marie-Noëlle et c'est la panne électrique.

Une demie heure d'attente et toujours pas de courant, nous rembarquons, toujours sans météo et déradons vers l'ouest des Roques pour nous rapprocher de Bonaire. Nous commençons à saturer du Vénez', de ses pannes, de ses flics inquisiteurs.

Trois bateaux sont déjà au mouillage de Cayo Agua, dont Goyave et Marco Polo des copains rencontrés à la Marina de Puerto la Cruz, et qui viennent d'arriver de Tortuga. C'est sympa. Nous échangeons quelques news dont des infos météo (amélioration imminente) et dodo.

 

 

Vendredi : première journée sans grain, le vent est stable à 20 nœuds et Inoui sous voilure réduite file grand largue, à 8-9 noeuds, vers les Aves, deux groupes d'îlots déserts. Nous longeons l'île principale de Barlovento (île au vent) et voyons les nuées d'oiseaux qui ont donnés leurs noms à ces îles. Une quinzaine de miles et deux barracudas (1,5 et 3,5 kg) plus loin, nous atteignons Sotavento (sous le vent) et mouillons vers 13 h sous l'îlot Palmeras, et ses 3 palmiers....

Les Aves, des îles désertes ?? Pas vraiment, il y a des gardes côtes, qui se font un plaisir de contrôler l'unique voilier présent dans l'archipel, voilier en règle pour cette fois ! Nous en sommes quitte pour 20 minutes de patience à les regarder remplir laborieusement avec moult détails leurs longs formulaires. Puis enfin, baignade, eaux turquoises, pâtés de coraux, et un grand nombre de poissons peu farouches.

 

 

Samedi : départ à 6 h pour la dernière étape vers Bonaire, distante d'une trentaine de miles. Le vent est tombé, 5-8 nœuds d'Est, plein vent arrière, pas de quoi gonfler un spi. Nous avançons principalement en appui sur un moteur à 5 nœuds. En contrepartie, la mer est plate et le ciel sans nuage. Une traversée cool, trop même, je ne pêche même pas vu le stock de poisson au réfri !

 

 

Fronton_flamand.jpgEn longeant la cote sous le vent de Bonaire, nous voyons que nous ne sommes plus dans le même monde, des maisons aux peintures variées et impeccables, pas un déchet, des frontons de style flamand (rose ?), bref

la Hollande en mer Caraïbe.

Nous prenons une bouée (mouillage interdit partout autour de Bonaire pour protéger les fonds) devant Kralendijk, la capitale. Les formalités sont théoriquement rapides et gratuites, d'abord la ''Douane'' (en Hollandais dans le texte, non plutôt en papamiento, le dialecte local qui tire ses origines des langues latines, saxonnes, africaines et arawaks, d'où parfois un mot français dans ce langage parlé uniquement aux Antilles néerlandaises). Douane donc sans problème puis l'immigration dont le bureau en ville est fermé. Direction l'aéroport, 20 minutes en annexe, un peu d'attente car des avions arrivent et nos policiers sont occupés. Mais cela nous permet de voir les passagers débarquer : de grands costauds, blonds, assurément le type batave, rien à voir avec la morphologie des indiens du Vénézuela....

 

 

 

 

 

Saint-Nicolas.jpgDimanche et lundi : intense contemplation et imprégnation de ce lieu et de sa culture ; en bref, nous glandons en regardant passer les autochtones, les touristes, les flamands roses et les mails. (Inoui est sur bouée à 20 m du remblai et à proximité d'un café dont nous captons le wifi).... Après ces trois dernières semaines bien remplies, il est bon de relâcher un peu, d'aller à la laverie, au supermarché, de voir les enfants se presser autour de Saint Nicolas, de lécher les vitrines sans se presser et de lire et relire notre courrier et les news du monde.

 

Et Bonaire est une île qui le permet, tout fonctionne, pas de panne ni de voiture bruyante, un office du tourisme ouvert et avec documents, le tout clean mais un peu cher, 3 US$ un café près du bateau.

 

 

 

Scoot.jpgMardi : un petit tour en annexe à la marina pour acheter de l'eau, une des meilleures de la Caraïbe, puis location d'un scooter.

C'est décidé,maintenant on se déplace djeune. L'île est quasi plate, les routes acceptables et le trafic peu dense en dehors de la ville, c'est l'occasion d'essayer.

Un peu crispé au début, depuis le solex de ma jeunesse, je n'ai pas conduit de 2 roues motorisé, mais le confiance vient. Seul petit hic, aujourd'hui 2 gros paquebots de croisières sont arrivés et les taxis et minibus promènent les croisièristes sur les mêmes routes que nous.

 

 

 

 

 

 

LMarais-salants.jpg'île est quasi une réserve, avec des plages de sables ou galets coralliens, des lagunes avec flamands roses, très peu de culture et d'élevage, beaucoup de champs de cactus et le tiers Sud occupé par des marais salants impressionnants.

 

 

 

 

 

 

 

Prikitchi.jpgEt au hasard d'un chemin,sur un bosquet : un couple de prikitchi, des petits mais bavards perroquets locaux !

 

 

 

Ensuite courses au supermarché, téléphone en France, formalités de sortie, tri des photos, blog, étude des fichiers météo... finies les vacances !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Demain matin, nous naviguerons vers l'Est, vers les Aves et les Roques, pour nous positionner en vue de la traversée vers le Nord de l'arc antillais, traversée qui se fera au près, mais cela est une autre histoire !

 

Plus de photos sur Picasa en cliquant ici : link



Partager cet article

Commenter cet article