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Le blog du catamaran inoui

DOM, DOM, la Dominique

24 Février 2011 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

 

Du dimanche 30 janvier au dimanche 6 février, après le départ de Laureline, nous passons une semaine à Pointe à Pitre en attendant Daniel et Jocelyne. lls atterriront en Guadeloupe pour repartir 2 semaines plus tard de Martinique. Les Croisières Caquet sont au point maintenant et nous avons mijoté un programme dense pour leur faire découvrir nos deux DOM antillais et la Dominique..

ArcPaP.jpgDonc en attendant, nous adoptons un rythme cool, de retraités tropicaux : un peu de bricolage pour le bateau, une petite sortie à l'îlet Gosier ou l'îlet à Cochons pour la baignade de l'après midi, puis retour au mouillage du Carénage pour la nuit. Ballade dans la Marina ou Pointe à Pitre, séjours au café « la Frégate », notre cyber local au wifi gratos et performant et contemplant les couchers de soleil ou arc en ciel, selon l'humeur de la météo.

 

 

 

Le jeudi, le rythme est modifié car nous retrouvons nos amis Tranchais, Monique et Dominique en vacances en Guadeloupe. Nous sommes fiers de leur présenter notre fringant coursier, en statique puis en dynamique lors d'une sortie en mer, avec mouillage à l'ilet Gosier pour la baignade et le repas. Belle journée de tchatche, où nous prenons des nouvelles du village natal de Marie-Noëlle et qui se termine tard à la pizzeria de la Marina, il y avait tant de choses à raconter.

Dimanche 6 février, Daniel et Joce nous rejoignent, nous filons aussitôt en annexe vers le centre de Pointe à Pitre où le carnaval se prépare. Les groupes défilent avec musique et danses pour roder leurs prestations et il y a de la joie et de l'ambiance.

Lundi après une visite au marché de Pointe à Pitre et dans le centre ville, nous partons à Marie Galante, le vent est assez fort d'Est Sud Est, notre route est au près serré dans une mer formée, sous trinquette et un ris dans la grand' voile : fatal pour les estomacs mal amarinés et fatigués par le voyage. Le mouillage bien abrité devant Grande Anse est le bienvenu et le bain dans l'eau à 27 °C fait vite oublier ces désagréments. Le soir nous mouillons devant Saint Louis pour des raisons stratégiques.

Callebasse.jpgMardi, dès 7 h, bien avant l'arrivée des vedettes qui déversent les touristes pour la journée à Marie-Galante, je vais à terre faire le siège des loueurs. Le premier à ouvrir n'a déjà plus de voitures disponible, le second sera le bon, une petite japonaise pour 33 € par jour. Et nous voilà visitant, photographiant, achetant des produits locaux et parfois dégustant. Le midi nous mangeons chez Constant à Capesterre une cuisine créole raffinée et originale, cela fait du bien car nous nous lassions un peu des « légumes pays » servis sans être travaillés.

Le soir nous retournons mouiller à Pointe à Pitre car une voiture de loc' disponible (sans doute la seule de l'île) nous attend.

 

 

 

 

Mercredi, ballade en voiture dans Grande Terre : visite des marches des esclaves à Petit Canal, de la pointe de la Grande Vigie, de la porte d'enfer, du Moule puis des plages du sud avec un plouf à Ste Anne.

ChutesCarbet.jpg

 

 

Jeudi, nous choisissons comme rando les chutes du Carbet. La deuxième (dans le sens orographique) est atteinte sans difficulté et nous laisse sur notre faim. Nous enchaînons vers la première (donc la plus près de la source). Le chemin escarpé est bien balisé mais glissant, voire franchement boueux à cause des récentes pluies. Après presque 2 heures de ballade nous voici au pied de la chute, que l'on trouve toukiki rikiki, jusqu'à ce que la couverture nuageuse se déchire et nous laisse voir un splendide voile de mariée de plus de 100 m. La descente est anxiogéne mais les rares glissades furent sans conséquences graves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre superbe découverte de la journée fut la « Verte Vallée » qui mène au domaine de la Grivelière, ancienne plantation de café, restaurée par l'association locale. La visite du domaine est commentée par une créole au langage truculent, nous transmettant les anecdotes que lui racontaient ses aïeuls.

 

Vendredi, lever à 4h 15 pour franchir les ponts de la Gabarre et de l'Alliance et accéder à la réserve du Grand Cul de Sac Marin. C'est notre deuxième franchissement, nous avons progressé et les passages étroits sous les ponts levants sont pris bien dans l'axe, le bateau ne frotte pas. De plus, nous sommes vêtus de pieds en cap et imbibés de force répulsifs, les yen yen sont tenus à distance. Seule Jocelyne avait oublié le répulsif sous le pantalon, au dessus des chaussettes, ce qui lui vaudra d'adorables bracelets de chevilles en perles naturelles rouges !

Nous sommes récompensés de nos efforts par le spectacle de la mangrove et des bancs d'aigrettes qui remontent la Rivière Salée en rase motte, en passant de part et d'autres d'Inoui.

 

Une fois la barrière de corail franchie, nous mettons en route sous voilure réduite vers Deshayes. Le lever matinal a laissé des traces et je vois mes équipiers s'endormir les uns après les autres : loupé pour moi, je me retrouve le dernier à veiller, faut pas que je m'endorme...

Nous mouillons à Deshayes vers midi, ploufs dans l'après midi avec visite des coraux et poissons à la pointe du Gros Morne et ballade en ville, shopping...

 

Samedi, nous attendons le retour des premiers pêcheurs pour acheter du poisson et nous craquons pour des darnes de daurades Coryphène

 

Le dimanche soir l'association des boat Boys organise un barbecue pour regrouper les plaisanciers et permettre le financement d'un veilleur de nuit qui assure la surveillance du mouillage. Grosse participation des plaisanciers, les boat Boys passent de groupe en groupe en plaisantant, du planteur, des poulets et poissons grillés sont servis à volonté avec musique locale, l'ambiance monte. Fort intelligemment, la quantité de glace dans les verres de planteur, va en augmentant ce qui dilue un peu ! Un excellent souvenir et une excellente impression de cette association qui essaie avec ses moyens limités de donner une bonne image de leur île et ainsi attirer les plaisanciers.

Lundi, visite de Portsmouth la deuxième ville de l'île, avec comme but de promenade, les formalités de clearance d'entrée. Deux formulaires et 20 EC $ plus tard nous sommes libres de circuler à la Dominique, les passeports ne sont même pas regardés : simple et pas cher.

DominiqueCase.jpg

 

 

Retour au bateau en achetant quelques fruits et légumes locaux à des prix faibles (2 mangues pour 1 EC $ soit 0,30 €)

La différence de niveau de vie est grande avec la Guadeloupe, la plupart des maisons sont des cases en planches d'une dizaine m² , les rues sont défoncées, les véhicules peu nombreux et les commerces et bars peu approvisionnés.

 

 

 

 

 

Iguane

 

 

 

A 14 h pas d'Albert, après moult appels sur VHF, ses collègues finissent par le remplacer (il siestait, fatigué par la soirée de la veille....) et nous visiterons la réserve de la rivière Indienne avec Dédé comme guide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RivIndienneVégétation exubérante, hérons bleus, iguanes haut perchés dans les arbres, une belle ballade en barque.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le soir nous négocions avec Edison, le boat Boy qui nous semble le plus fiable, une visite de l'île en minibus, 40 US$ par personne, les autres occupants du minibus paieront 50, mais chut, faut pas le dire !

 

Mardi, Edison réglo, vient nous voir dès l'aube nous signalant qu'occupé avec d'autres clients, il ne viendra pas nous chercher mais que le service de rade sera assuré par un autre boat Boy.

DominiqueCoteAtlantique2.jpg

 

 

 

Le chauffeur du minibus et guide, Winston est un local fort intéressant : il connait tous les détails du circuit, les commente avec humour et passion. Lorsque nous entrons dans la réserve des indiens caraïbes il nous demande de fermer les fenêtres, ce que nous faisons illico et il explose d'un rire qui ferait passer Henri Salvador pour aphone : « les indiens, les flèches, hi hi hi ! » . Plus sérieusement il s'arrête régulièrement pour nous ramasser et nous faire découvrir des plantes, des paysages superbes, nous faire cueillir des goyaves... le tout avec force explications.

 

 

 

DominiquePool.jpg

 

 

 

 

Nous terminons la boucle par une baignade dans l'emerald pool, baignade qui selon les légendes locales prolonge la vie de 10 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi, nous empruntons le taxi collectif (9 EC$ par personne, 2,5 €) pour nous rendre à Roseau, la Capitale, la route côtière est belle mais défoncée avec des nids de poule infranchissables, d'où des louvoyages, des arrêts, bref 1h30 pour 50 km. La ville est vite visitée, quelques maisons originales, de style british colonial, un marché un peu anémique et plus cher qu'à Portsmouth, mais surtout de nombreuses boutiques et bars pour touristes. En effet la Dominique accueille par jour 2 ou 3 bateaux de croisière de plus de mille passagers et sait offrir de l'animation à cette manne économique, y compris le WE. J'ai le même sentiment qu'avec les boat Boys de Portsmouth, faute de subventions, les locaux se décarcassent pour faire rentrer un peu d'argent.

La Dominique, de par son relief tourmenté, possède des terres cultivables de petites surfaces moins intéressantes que sur les îles voisines et les indiens Caraïbes se trouvaient sur un terrain leur permettant de résister aux colons, d'où une implantation coloniale faible et une économie limitée y vompris après l'indépendance. Les principales richesses sont la production de coco pour une usine locale Colgate, un peu de banane d'export et une île « naturelle » à promouvoir.

De retour à Portsmouth, Daniel et moi remplissons nos bidons d'eau à un robinet public. Bientôt aidés par un local, gentil mais nous semblant un peu collant au début. Après nous avoir porté une partie des bidons à l'annexe, il nous invite dans sa case au bord de la plage, nous montre la carcasse métallique en forme de perroquet (symbole de l'île) qu'il prépare pour carnaval et tient à nous offrir un cadeau « bienvenue Dominica », à ce que l'on croit comprendre.

Il faut dire que le créole et la toponymie de la Dominique, sont formés d'un mélange d'Anglais, de Français, de Caraïbe et de langage africain. La devise officielle du pays est : APRES BONDIE C'EST LATER . Cela reflète bien la multi origine des noms de lieux et du langage.

Bef, nous voilà donc dans la case de notre copain Glen, nous serrant affectueusement les mains sans trop nous comprendre et finalement repartant avec un sac de mangues qu'il nous offre et nous, lui promettant de revenir à la Dominique, trop émus !

NettoyageLambis.jpg

 

Jeudi, après un plouf matinal, nous taillons la route vers la Martinique. Sous le vent de l'île, pas de vent donc du moteur et dans le canal, un vent modéré d'Est et une houle modeste de 2 m , ce qui nous permet d'atteindre rapidement Saint Pierre dans des conditions confortables, ce qui permet aux filles de nettoyer les coquilles de lambis ramassées sur la côte.

Après un plouf vespéral, nous allons voir quelques ruines, en attendant l'heure d'ouverture des restaurants. Notre choix se porte sur le Tamaya, tenu par des bretons ex navigateurs hauturiers qui nous servent de la cuisine raffinée, et nous racontent leur périple de 5 ans, avant de se fixer à St Pierre : encore un bon choix de resto !

 

 

 

 

 

Vendredi, nous voici déambulant dans le marché, bavardant autant avec les locaux (vendeur s et promeneurs) qu'achetant : une ambiance de petite ville de province.

CachotCyparis.jpg

 

 

 

 

Puis à 11 h nous penons le petit train pour visiter la ville sinistrée : quoi, un petit train touristique, mais il ne virerait pas beauf' le Didi ? Que nenni, le guide est un phénomène local, authentique pierrotin, qui nous fait vivre sa ville actuelle et revivre la tragédie de l'éruption meurtrière de la «  Pelée » en 1902 avec beaucoup de verve et passion : les erreurs des scientifiques et politiques minimisant le danger, la ville détruite et ses 28 000 habitants tués, les pillages, la vie de l'unique survivant, enfermé pour abus de boisson dans le cachot qui lui servit d'abri, comme quoi, l'abus de ti punch ne nuit pas (toujours) à la santé.

 

 

 

 

 

 

 

AurelieFamily.jpg

 

 

 

En début d'après midi, nous faisons route vers l'anse Mitan, car ce soir, c'est réception mondaine à bord. Nous retrouvons Aurélie, une ex-collègue et amie de Marie-Noëlle et son ami en vacances chez sa sœur installée en Martinique pour vivre avec son ami, un authentique béké, skipper professionnel de surcroit. Que de sujets de conversations, qu'il a bien fallu lubrifier au planteur et rhum arrangé.

 

 

 

 

 

 

 

Samedi matin, nous allons mouiller sous le Fort Saint Louis à Fort de France pour la visite de la ville. Joce est contente, elle a acheté 40 fleurs tropicales (roses de porcelaine, oiseaux de paradis, balisiers...) pour 40 €, le tout sera livré au départ de l'avion en carton pouvant aller en soute, une super formule pour avoir de beaux bouquets.

Heureusement qu'il y a le marché comme animation, une partie des commerces sont fermés, y compris la Case à Rhum, une de nos cibles du jour, pour l'achat de Rhum vieux. C'est surprenant, il y a un paquebot de croisière en escale à une centaine de mètres, avec 1750 passagers et ils n'ouvrent pas ! Après avoir vu les efforts déployés par les voisins de la Dominique, cela me laisse perplexe !

 

 

Dimanche, nous sommes de retour à l'anse mitan et prenons la voiture de location, après une petite frayeur, la réservation n'a pas été enregistrée.... heureusement des voitures sont ramenés par des clients et nous pouvons disposer d'une petite Nissan ; cela manque un peu de fiabilité chez Jumbo Car.

CanalEsclaves.jpg

 

 

Pas de circulation en ce dimanche matin, nous sommes rapidement sur la route de la Trace, en pleine forêt primitive, puis descendons vers Fonds St Denis et enfin plongeons littéralement, vue la déclivité de la route, vers Fonds Mascret, le départ de notre rando : le canal de Beauregard dit des Esclaves. Un canal construit au 18 ème siècle à flanc de montagne pour amener l'eau à Saint Pierre. Canal que l'on peut suivre pendant plusieurs km en marchant sur la margelle d'une quarantaine de cm de large. Au départ, traversée de zones fleuries puis ensuite : à droite la colline avec la forêt tropicale et à gauche le vide, avec vue imprenable sur le fond la vallée ou les pitons du Carbet en face. Pas difficile, la pente est faible et régulière mais cela demande de l'attention et c'est vraiment original.

Pour remonter en voiture de Fonds Mascret, les passagers sont parfois obligés de descendre pour pousser la voiture et la rejoindre en haut du raidillon.

Vers 13h30 nous nous arrêtons au restaurant la Chaudière à Morne Rouge où par chance une table se libère et nous nous retrouvons dans une ambiance de fête familiale, entourés de Martiniquais joliment endimanchés et joyeux. Les chansons du musicien d'ambiance sont reprises en chœur, le rhum n'est pas absent, seule note discordante : Daniel et moi en shorts et tongs....

Nous enchaînons par une jolie promenade digestive dans les jardins de l'habitation de l'Anse Latouche, au milieu des ruines des divers bâtiments soufflés lors de l'éruption de la Montagne Pelée, un jardin de plus certes, mais avec une âme.

Lundi, les sacs se préparent pour le départ du soir, mais vaillamment nous programmons encore une rando sur la presqu'île de la Caravelle. Euh, nous avions oublié que les Martiniquais se rendaient au travail, en voiture et qu'il y 280 000 véhicules pour à peine 400 000 résidents : résultat des bouchons en direction de Fort de France. Nous arrivons à quitter l'axe principal et en zig zagant sur les routes secondaires rejoignons notre objectif avec une heure de retard. L'ascension vers le phare se fait au milieu d'une forêt inhabituelle, repoussant sur une friche d'exploitation abandonnée. La vue est splendide du pied du phare, on peut voir toute la côte atlantique découpée par de nombreuses anses.

Retour au bateau, avec un arrêt en route pour achat de Rhum, une dernière baignade pour nos amis, l'annexe accepte sans couler les 4 passagers et les gros sacs, puis ce sont les adieux déchirants à l'aéroport, ces quinze jours sont passés trop vite.

Une fois de plus le bateau nous semble vide, mais nous allons enchaîner avec la visite des chantiers pour estivage en nous dirigeant vers Trinidad dont nous ne voulons pas louper le carnaval.

ChevalBois.jpg

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