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Le blog du catamaran inoui

Des US VI à Puerto Rico

26 Mars 2012 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

 

Dimanche 11 mars : l'île de St John (USVI) est classée presque en totalité Parc National, sur terre comme en mer. Cela donne une ambiance un peu scout avec les « Rangers » en uniforme et les gentils touristes. Le Sud Ouest de l'île n'est pas intégrée au parc, c'est là que l'on trouve des mouillages « sauvages », des villas de luxe, de grands resorts. Nous ancrons pour la nuit à Chocolate bay, un nom trop sympathique...

 

Lundi : nous nous dirigeons vers St Thomas. Un stop est prévu dans une baie où se trouve un gros shipchandler qui devrait avoir le guide nautique de Puerto Rico. Loupé pour le guide mais gagné pour une nouvelle panne moteur : plus de refroidissement par l'eau de mer. Les pales de la turbine sont intactes. J'envoie de l'air dans toutes les durites pour chercher l'obstruction et 2 heures de déprime plus tard, je m'aperçois que le noyau de la turbine est décollé et n'entraine plus les pales... J'ai un stock de turbine, le moral remonte.

Nous avions mouillé en catastrophe juste derrière un beau monocoque et à la fin de la réparation, c'est lui qui est derrière nous. Il dérape et il n'y a personne à bord. Encore quelques dizaines de mètres et il fait côte. En nageant, je vais inspecter son mouillage et je m'aperçois que son ancre (de forme bizarre) laboure le sable herbeux sans parvenir à accrocher. Quelques plongées et j'enfonce profondément l'ancre dans le sable. Il ne bouge plus. Nous partirons avant le retour de l'équipage, fier de notre B.A. sauvetage.

 

Nous mouillons un peu plus tard dans la baie de Charlotte Amalie, la capitale des USVI, en compagnie de nombreux voiliers principalement US et Canadiens.

 

PaquebotsCharlotteAMardi : visite le matin d'un des Cruise Docks, où sont amarrés 3 gros paquebots, Saint Thomas étant une des destination préférée des croisièristes américains. Une ville à côté de la ville a été bâtie pour les recevoir avec force magasins, bars, resto. Et nous, toujours aussi gamins, émerveillés par cet accueil artificiel mais plaisant. Il y a deux lieux d'accueil des paquebots à Charlotte Amalie, nous compterons jusqu'à 6 bateaux le même jour, dont un paquebot armé par Mickey, rempli de familles avec enfants.

 

 

 

 

De retour au bateau, une annexe de Français nous salue et la conversation s'engage. Ils arrivent de Puerto Rico et vont aux îles Vierges British. Autour d'un café, de précieuses informations s'échangent d'autant que nous n'avons toujours pas de guide nautique… Rencontre éphémère, intense, plaisante, nous retrouverons-nous un jour ?

 

BijouterieCharlotteAmalie.jpg

 

 

 

Mercredi : après la clearance de sortie, nous arpentons les rues du centre ville autour de Main Street, des dizaines de bijouterie, très claaasssses attendent les croisièristes, dommage, il n'y avait pas d'assez beaux bijoux pour ma douce...

 

 

 

 

 

 

 

 

En route pour Culebra, sous Grand' voile et Yankee, Inoui avale les 20 miles en moins de 3 heures malgré un pilote parfois défaillant et une approche délicate.

Nous mouillons dans l'anse Honda, un superbe trou à pirate et illico, nous filons vers les Customs, à l'airport afin d'obtenir le précieux sésame de navigation dans les eaux US. Une demi douzaine de formulaires et 37 US$ plus tard, nous avons la Cruising Licence : « To all Port Directors of US Customs and Border Protection..... The French Yacht Inoui.... shall be permit to arrive at and depart from any port in the USA.... » jusqu'en mars 2013 : j'en rêvais !

Ce stress évacué, nous profitons du lieu : Culebra est une île rattachée à Puerto Rico mais ce fut un havre à pirate du XVIéme siècle jusqu'en 1910. Elle est entourée de récifs et îlots, la passe est étroite, et autrefois seulement accessible à un pratique local (elle est balisée maintenant), donc les pirates étaient difficilement délogeables et elle était proche de la route des galions et navires transitant de l'Amérique centrale. Les derniers pirates ont été chassés par les Américains, devenus maitres de Puerto Rico et voulant assurer la sécurité du trafic via Panama.

 

Jeudi : un peu d'exploration terrestre parmi ces descendants de pirate, gentils et souriants, puis nous mouillons derrière la barrière de corail, eau turquoise, baignades, la dure vie des tropiques…

 

ViequesOrchestre.jpgVendredi : cap sur Vieques, l'autre île Vierge rattachée à Puerto Rico. Un bord de travers pour passer la pointe Est, puis du vent arrière jusqu'au mouillage de Esperanza, sur la côte Sud, 3 mètres sur fond de sable, 10 voiliers et de nombreux bars et restaurants.

La Cruising Licence m'impose de prévenir par téléphone les US Customs lors de mes déplacements.

Je rentre dans un bar demander si je peux téléphoner : pas de problème, on m'installe dans le bureau, un téléphone à ma disposition et à côté de moi, la recette du jour, des centaines de $, et la boss s'éclipse par discrétion... Quand j'ai fini, elle revient « no charge ! » : sont pas adorables ces Puertoricains !

Of course, j'ai laissé un pourboire et nous sommes revenus boire notre painkiller, le soir.

 

 

Samedi : le pilote est devenu trop capricieux, une sérieuse vérification s'impose. La ligne électrique est refaite, le moteur changé mais le gros problème est la détérioration de la roue d'entraînement. Une des joues en plastique est cassée et les billes de roulement s'échappent. Aucune chance de s'en procurer une ici, yapluka recoller, renforcer celle-ci avec les moyens du bord, principalement du mastic epoxy tout en évitant des surépaisseurs qui entraineraient des blocages : des heures d'enduit et de ponçage méticuleux en perspective.

 

BarreAvecLaGaffe.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche : lever 6 h, départ pour Puerto Rico, au moteur, dans un vent quasi nul, Marie-Noêlle barre la plupart du temps pendant que je commence les collages de la roue du pilote. Sous le soleil, il faut garder le bimini mais il n'est pas assez haut pour le poste de barre : l'astuce est d'utiliser la gaffe comme matereau pour le relever...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En fin de matinée, un vent thermique se lève et pousse gentiment Inoui. Nous amorçons la passe zigzagante entre les ilots et la barrière de corail quand l'orage qui grondait sur les sommets de l'île, éclate au dessus de nous, plus aucune visibilité, j'avance à vitesse très réduite au moteur en me fiant au sondeur, heureusement c'est dimanche les Puertoricains sont de sortie et nous croisons quelques plaisanciers locaux qui nous indiquent la route. Il est 17 h quand nous mouillons dans la rade de Salinas.

 

SalinasMouillage.jpg

 

 

 

 

C'est un mouillage original, un trou dans la mangrove, entouré d'îlots et qui ne laissent que deux étroits passages, donc un abri tous temps (un bon trou à cyclone). Quelques dizaines de bateaux sur ancre ou bouée, principalement des locaux, une petite marina accueillante et des resto-bar (dont "el loco pelicano" dont je capte le wifi). Le soir, vols d'aigrettes vers l'Ouest et le matin, vers l'Est et toutes sur un trajet identique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi : visite au bureau de la marina pour recueillir des infos, l'accueil est agréable, la machine à laver ne coute que 1,5 US$, on pourra aussi faire de l'eau mais à 1 US$ les 16 litres (4 gallons).

Nous allons nous promener autour du mouillage, c'est une petite station balnéaire calme, sorte de banlieue de Salinas distante de quelques km.

Les Puertoricains sont très cordiaux, il suffit de ralentir la marche, de passer 2 fois au même endroit et ils demandent si on cherche quelque chose, ravis de nous renseigner (et de tchatcher un peu avec ses nouveaux dans le paysage )
Nous prévoyons de rester en ce point une bonne semaine, cela sera notre base pour laisser le bateau et visiter Puerto Rico en voiture...


LamantinsJoueurs.jpgMardi : pour la première fois de ma vie, j'ai vu 2 sirènes....

Pas de ricanements, c'était le matin vers 8 h, donc le Rhum ne saurait être suspecté...
Et aussitôt une histoire d'amour a commencé : entre elles et l'annexe. Elles s'y sont frottées et ont joué avec, une bonne heure (j'ai du arrêter leurs ébats car j'avais besoin du véhicule).
Quant à moi, je suis resté de marbre. Certes la nageoire caudale correspond à ce que l'on voit représenté des sirènes, mais le reste du corps fait penser à une grosse truie avec une peau de pachyderme.
Ces deux lamantins mesuraient plus de 2 m, ils sont mignons avec leurs petits yeux et leurs petits bras mais il fallait vraiment avoir navigué 6 mois au large et avoir fréquenté le tonneau de ratafia pour y avoir vu une analogie avec un corps féminin.

 

 

 

 

Sidney, l'agent Hertz local, nous amène la voiture à l'heure dite, une Toyota Corola toute neuve à 40 $ par jour tout compris, même les péages d'autoroute. Aucun papier entre nous, pas de vérification du permis de conduire, il ne connait même pas mon nom et moi, j'ai juste sa carte de visite, cool !.

PoncePompiers

 

Nous visitons Ponce, deuxième ville de Puerto Rico. Le centre est joli, de type ville coloniale espagnole, paisible bien qu'animé.

Nous partons ensuite en ballade dans le centre de l'île à la recherche du musée Taïnos.

Cette île est très escarpée mais le relief déchiqueté n'a pas empêché les Puertoricains de la peupler dans les moindres recoins. D'où des maisons isolées, perdues dans la nature, accrochées à flanc de colline et des routes tournicotantes pour les desservir.

 

 

 

 

 

C'est spectaculaire, des points de vue vertigineux, une végétation tropicale exubérante, mais la progression est lente et ce qui semblait proche sur la carte, une quarantaine de km, nous a demandé 2 heures. Nous arrivons juste avant la fermeture, pas grave, il n'y a quasi rien à voir : la conservation des traces de la civilisation Taïnos, n'a pas été la préoccupation première des Conquistadores et de leurs descendants. Je garde quand même un souvenir ému du collier de bigorneaux, exposé en vitrine.

 

RinconSurfeurs.jpg

 

 

Le lendemain, nous visitons la côte ouest, ses stations balnéaires (avec repérage des mouillages possibles pour un autre voyage), ses plages de surf, Boqueron, le village baba-cool...

 

 

 

En passant nous découvrons le Lourdes de Puerto Rico, où la Vierge est apparue en 1953 et où des miracles se sont produits. Plus modeste que Lourdes comme aménagement et sans les marchands du temple mais tout aussi mystique.

 

 

 

 

Jeudi 22 mars : « émancipation day » (jour de l'abolition de l'esclavage), férié dans toute l'île, nous partons pour San Juan, la capitale de Puerto Rico où nous avons réservé une chambre à l'hôtel San Jorge, sur une ligne de bus menant au centre historique.

CathedraleSousPluie.jpgAprès notre première vraie douche depuis St Martin, nous irons dans le Vieux San Juan, en voiture, il pleut des cordes et nous spéculons sur le jour férié pour trouver une place de stationnement ; bonne pioche, nous posons notre véhicule près des remparts.

 

 

 

Ce quartier est un vrai musée à ciel ouvert : des forts, des palais, des églises, des maisons d'époque espagnole, le tout superbement entretenu. Malgré les averses, nous parcourons la ville en tous sens, mais le soir venu, sous la pluie, l'animation dans les rues n'est pas au rendez-vous. Cependant, le resto choisi, lui est animé, par des locaux, jeunes, les plats sont copieux et cadeau de la maison : un bol de soupe épaisse aux lardons et haricots : le projet dessert sera abandonné.

 

 

 

 

 

 

 

SanJuanEchauguette.jpg

 

 

 

Vendredi : suite de la visite de San Juan en commençant par ses forts. Nous ne sommes pas trop branchés architecture militaire sauf quand il s'agit de l'histoire maritime.

San Juan possède une vaste rade, bien abritée de la houle avec une passe large d'un demi miles. Les Espagnols en ont fait le point stratégique pour leurs flottes en route vers le Mexique, Colombie....

C'était le port d'arrivée des galions venant d'Europe, poussés par les alizés et à court d'eau, de vivres, de matériel. D'où des fortifications énormes, consolidées au fil des siècles et jamais prises malgré les nombreuses tentatives anglaises ou hollandaises.

 

 

 

 

 

 

 

 

AncetreCaqueta.jpg

 

 

 

 

L'histoire des Conquistadores est présente en de nombreux endroits, mais depuis quelques dizaines d'années, la culture Taïnos est rappelée, en particulier au très agréable musée des Amériques, où j'ai pu rencontrer un de mes ancêtres, un indien Huitoto, de la tribu « Caqueta » ; au stand d'à côté se trouvaient les Jivaros, avec une tête réduite exposée....

Retour au bateau le soir. En notre absence, Inoui est resté sagement ancré ; nous avons toujours une petite angoisse quand nous le laissons.

 

 

 

 

 

 

 

Samedi : nous visons la ville de Las Marias au centre ouest de l'île où se déroule une fête autour de l'orange. L'itinéraire choisi est superbe: la route panoramique des crêtes, mais 3 heures de conduite sur des voies hyper sinueuses et étroites, je sature et déprime : nous n'avançons pas par rapport à notre objectif, que nous atteindrons finalement vers 14 h.

LasMariasOranges.jpgAmbiance fête de village avec une foule nombreuse et joyeuse, des chanteurs, des stands d'artisanat et de nourriture, des oranges, du jus d'orange, des gâteaux à l'orange, de l'orange confite... Et l'orage de l'après midi.

Le soir, à Hatillo, sur la côte Nord, station balnéaire sans grande animation, nous refaisons notre force de loisir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

StalactitesCamuy.jpg

 

 

 

 

Dimanche : départ aux aurores vers le Parc National des grottes du rio Camuy. La visite s'effectue en petit groupe encadré par un guide et à quelques dizaines de mètres sous terre nous découvrons des salles gigantesques et des stalactites (et -mites) de grandes tailles et aux formes variées.

 

 

 

 

 

 

 

 

AreciboTelescope.jpg

 

 

 

Puis nous allons visiter le radiotélescope d'Arecibo, le plus grand du monde, suspendu dans le vide entre les montagnes. Le télescope est spectaculaire et une gentille exposition de vulgarisation scientifique nous fait comprendre le rôle de cet outil.

 

 

 

 

 

 

 

 

PierresTainos.jpg

 

 

 

 

Comme il nous reste un peu d'énergie, nous allons visiter le centre cérémonial Taïnos de Caguana, non sans avoir laissé passer l'orage de l'après midi, très diluvien aujourd'hui. Un petit musée explicatif et des pierres alignées certaines gravées (pietroglyphes disent les archéologues) autour d'aires pour les cérémonies et les jeux de balle.

 

 

 

 

 

 

Retour au bateau en passant par le supermarché, nous profitons de la voiture pour effectuer un gros ravitaillement en vue des navigations à venir.

 

Lundi 26 mars : Nous rendons la voiture à Sidney toujours aussi cool, je n'aurais pas payé par carte, il n'aurait même pas connu mon nom. Nous enchaînons les lessives, les pleins, le tri des photos, la rédaction de l'article.

 

Demain matin, cap à l'Est sur Vieques. C'est le début du retour vers l'arc antillais !

 

D'autres photos sur Picasa en cliquant ici :link

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