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Le blog du catamaran inoui

Des Puerto Rico à l'Arc Antillais

8 Avril 2012 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

 

La navigation dans l'Arc Antillais est agréable, les vents sont d'Est, donc globalement de travers. Dommage pour qui s'éloigne (vers l'Ouest) de cet Arc, car il va devoir revenir au louvoyage contre le vent, les vagues et le courant ; 2 fois la route, 3 fois le temps, 4 fois la rogne disaient les pêcheurs bretons. Et c'est notre cas, nous devons revenir de Puerto Rico à 200 miles dans l'Est. La stratégie va être d'effectuer des sauts de puce au louvoyage le long des îles Vierges, puis une grande étape vers Saba en espérant des vents de Nord-Est...

 

Mardi 27 mars : c'est le grand calme météo, la mer est d'huile, ce qui est rare dans cette zone. Inoui avance au moteur, sous pilote, dont la réparation semble tenir, avec juste la grand' voile haute, pour faire joli et de l'ombre. Les lignes de traine sont à l'eau et un petit thazard se fait prendre. Les thazards sont parfois suspectés de ciguatera, mais cela ne concerne que les gros spécimens, notre prise peut être consommée sans crainte.

Cette pêche sera le seul événement marquant de cette traversée de 50 miles entre Salinas (Puerto Rico) et Esperanza sur l'île de Vieques. Pas difficile pour ce début de retour vers l'Est, mais pas excitant ces dix heures de moteur pour notre fier voilier.

 

ViequesBaieLe lendemain, après avoir prévenu les US Customs de notre arrivée, nous réservons deux places pour la visite de la Bio Bay. En effet, Vieques possède une des rares baies au monde où vivent des microalgues bioluminescentes. L'accès de la baie est très contrôlée, mouillage, baignade, moteurs interdits et des tours sont organisés à la nuit tombée, en kayak.

 

 

Nous voici donc avec une douzaine d'américains, dans un van rouillé tirant une remorque remplie de kayak, en forêt, sur une piste défoncée menant à la baie. Après quelques manœuvres savantes, le van est garé le long d'une plage, les américains applaudissent le chauffeur.

 

 

 

Consignes de sécurité, démonstration de pagayage, un kayak biplace pour nous et voilà notre groupe filant vers le milieu de la baie encadré par deux guides. A chaque coup de pagaie, l'eau fluoresce... Au retour, les américains applaudissent...

En navigation de nuit nous voyons parfois ce phénomène de bioluminescence traçant un superbe sillage derrière le bateau, donc ce n'est pas une nouveauté pour nous, mais la sortie kayak de nuit dans une ambiance Disneyland était amusante.

 

CharlotteMouilllage.jpgJeudi, le vent s'est levé d'Est environ 20 noeuds, sous trinquette et grand' voile haute, nous tirons des bords le long de la côte Sud de Vieques puis en direction de Charlotte Amalie sur St Thomas. La navigation est plus motivante et nous avons plaisir à barrer, chercher le bon compromis cap-vitesse, négocier les vagues. Marie-Noëlle est le timonier le plus assidu du bord.

 

Les 35 miles sont parcourus en 8 heures. A l'arrivée, nous laissons passer un hydravion et une fois l'ancre mouillée, nous allons prendre notre Painkiller dans un café avec wifi. On s'y sent tellement bien que nous y enchainons le repas. Par contre les fichiers Grib ne nous indiquent pas une météo très favorable pour les étapes suivantes.

 

 

 

CharlotteEglise.jpgVendredi ; après une visite du centre ville, nous effectuons la clearance de sortie du territoire US, je tiens à être en règle avec ces Customs pointilleux et informatisés, car nous voulons avoir une chance de pouvoir revenir. Un nouveau fichier Grib nous confirme que de dimanche à mardi, le vent sera d'Est Sud-Est, pile poil contraire pour revenir dans l'arc antillais. Nous sauterons l'escale prévue à Virgin Gorda et ferons la grande étape vers Saba dès le lendemain.

Dans l'après midi nous tirons un bord vers le Nord Est pour mieux nous positionner et prenons une bouée dans le parc national au Sud-Est de St John. J'ai repéré un herbier non loin d'Inoui et bingo, j'y trouve des lambis.

 

 

 

 

Samedi : lever 5 h 30, pour prendre le petit-déjeuner au calme avant le départ pour Saba. Le vent est d'Est d'une vingtaine de nœuds, la mer est agitée, nous sommes secoués et nous sommes au près à 25 degrés de la route directe, nous aurons un bord à tirer mais c'est moins dramatique qu'avec un vent de Sud-Est où nous serions à 45-50 degrés de la route directe.

Nous ne sollicitons pas le pilote car nous voulons l'économiser pour les heures de barre inintéressantes, nous nous relayons donc au timon, avec encore, une prime d'assiduité à Marie-Noëlle, en plus, son estomac résiste mieux, nez au vent... La nuit est tombée quand nous approchons du banc de Saba, une zone de hauts fonds où la mer peut être plus dure. J'aurais préféré continuer un peu plus sur ce bord pour mieux nous positionner en vue de la rotation prévue du vent au Sud-Est, mais de nuit les vagues sont plus délicates à négocier. Nous virons de bord, 20 miles au Nord-Est, puis nous revirons 10 miles au Sud-Est, le vent mollit, nous craquons et finissons les derniers miles au moteur. Aucune lumière sur la côte Ouest de Saba, deux feux de mouillages signalent la présence de voiliers et dans la nuit noire nous prenons une bouée. Dodo, il est 5 h du matin, 23 heures de louvoyage pour 90 miles en route directe, 140 parcourus sur l'eau.

 

SabaLadder.jpgDimanche :au réveil nous découvrons un site grandiose, des falaises volcaniques de plusieurs centaines de mètres plongeant dans la mer, avec parfois un peu de végétation accrochée et nous nous ne sommes que 3 voiliers pour jouir de ce site.

 

 

Puis la séance bricolage aura pour objet la réparation d'un coulisseau de latte de grand'voile. Je n'en ai pas en magasin, alors je remplace l'arceau cassé avec un pontet remodelé. 2 heures de marteau, lime, scie et voilà une pièce qui devrait tenir jusqu'à Trinidad.

 

 

 

Saba est une ile quasi ronde, un volcan sans plaine côtière, avec juste une ancienne caldera à plusieurs centaines de mètres d'altitude, où se sont fixés de courageux colons. Pour relier le village à la mer, ils ont creusé dans la roche de la côte Ouest un escalier de 800 marches « the ladder », qui fut le seul accès jusqu'en 1950.

 

 

 

SabaLadderHaut.jpg

 

 

Nous débarquons en annexe sur la plage de galets, entre deux rouleaux. En réalité, le deuxième rouleau est arrivé avant que nous ayons pu remonter l'annexe, les shorts seront mouillés.

Et nous entamons l'ascension, par volée de 100 marches, sous un bon soleil, pénible !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SabaLaddermilieut.jpgVers la fin, la pente est moins forte et les 200 dernières marches, ont été remplacée par une route à plus de 20% afin de desservir quelques maisons. Nous sommes contents d'arriver au village. Bravo, les Sabaïens, qui faisaient cela régulièrement et le plus souvent avec des charges. Ce fut la seule île des Antilles à ne jamais avoir été attaquée : pas l'esprit treck les Pirates ou Corsaires...

 

 

Quelques jolies maisonnettes bien peintes et fleuries, 3 églises, un café fermé (nous sommes dimanche), les habitants nous saluent, c'est reposant mais l'ambiance n'est pas joyeuse...

 

 

 

Lundi : le vent est quasi nul alors nous partons au moteur, longeant la côte Sud de Saba, où se trouve le nouveau port, en fait une petite jetée et une cale, quelques bâtiments techniques et une route menant au village. Un peu plus loin se trouve une carrière de graviers, pas glamour ce coté de l'île.

 

 

StatiaRemorqueurs.jpg

18 miles plus tard nous prenons une bouée à Statia, nous connaissons, nous nous y sommes arrêtés en janvier, Un caillou peuplé d'un peu plus d'un millier d'âmes qui possède plus de remorqueur que le port de Bordeaux

Le lendemain dans les mêmes conditions de navigation et après 28 miles nous prenons une bouée à Nevis, encore en pays de connaissance. Deux journées reposantes où alternent la lecture, les jeux, les bains.

 

 

 

 

 

 

 

 

Montserrat.jpgMercredi : le vent est prévu d'Est-Nord-Est autour de 10 nœuds, des conditions idéales pour parcourir les 70 miles qui nous séparent de la Guadeloupe. Départ à 6 h du matin, sous voilure de route, Inoui taille la route à 6-7 nœuds sous pilote. En raison des calmes des jours précédents, la mer est quasi plate, le ciel est bleu, un thon de 2kg mord à la traine, voilà de bonnes augures pour cette journée.

Nous passons sous le vent de Montserrat dont le volcan fume toujours, un peu plus qu'à notre dernier passage semble-t-il.

 

 

 

 

DeshayesSoleil.jpgAprès le léger déventement de l'île, Inoui repart à 8-9 nœuds, le vent a légèrement forci et la mer commence à se former, mais nous sommes en route directe et nous mouillons à Deshayes avant 18 h : une belle et agréable journée de navigation !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BrunoMelanie.jpg

 

 

 

 

Fin du retour dans l'Arc Antillais, nous enchaînons jeudi et vendredi 2 journées de convoyage tranquille, au bon plein : Deshayes-Portsmouth (La Dominique) puis Portsmouth-Anse Mitan (Martinique), du vent dans les canaux entre les îles et des paysages côtiers magnifique sous le vent de ces îles. A l'anse Mitan, nous retrouvons nos amis Mélanie et Bruno pour une agréable soirée à bord d'Inoui.

 

 

 

La suite du voyage vers Trinidad devrait être aussi tranquille, nous avons une bonne semaine pour parcourir 200 miles avec vent de travers : cool !

 

D'autres photos sur Picasa en cliquant icilink :

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