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Le blog du catamaran inoui

De Trinidad à Puerto la Cruz, Vénézuéla.

1 Novembre 2011 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

Lundi 24 Octobre

AvantOrage.jpgLa sortie du bateau est programmée à 14h30, aux environs de la marée haute, le marnage n'est que de 50 cm mais cela facilite la remontée du plan incliné. Le ciel se charge de nuages noirs et l'orage éclate à 14 h 30 précises, la foudre tombe à proximité du bateau lorsque Marie-Noëlle largue la bouée, elle s'est crue transpercée par l'éclair !

 

Le bateau reste sur le chariot hors de l'eau et nous constatons que la nouvelle sonde a un diamètre de quelques mm supérieurs à la précédente. Faute de scie sauteuse, yapluka percer avec une mèche fine pour faire une découpe de trou en pointillé, arrondir à la lime. Évidemment le tout est exécuté, allongés sous le bateau copieusement arrosés de trombes d'eau. Une heure plus tard le trou est ajusté, la pluie s'est ralentie, nous arrivons à sécher la coque et mettre en place la sonde avec son mastic d'étanchéité et bien serrer l'ensemble. Enfin, la pluie s'arrête, nous attendons une heure que le mastic sèche en discutant avec les copains et les employés du chantier et nous remettons à l'eau.

 

Sitôt la bouée prise nous filons, effectuer la clearance de sortie. Arrivée à 17 h 50 à l'Immigration qui ferme à 18h : bon plan, l'officier de service râle un peu, vue notre arrivée tardive, mais nous tamponne tout rapidos pour finir à l'heure. Les douaniers plus cools, prennent leurs temps en rigolant et en nous taxant de 184 TT$ (19 €) pour frais de clearance. Un petit verre de blanc en passant, à bord de Lulothod'or pour les adieux à François et Lili, une pizza avec Patrick et Adrienne et vite au dodo.

Remarque : aller sous les tropiques et manger des pizzas semble farfelu ; que nenni ! Les légumes pays, bananes cuites, ignames, etc, c'est très sympa quelques semaines, mais à la longue...Nous n'osions pas en parler, mais le restaurant du chantier Power boats est tenu par un Belge, qui fait les meilleures frites de toute les Caraïbes : nous en prenions régulièrement avec notre bière...

 

ThonPeson.jpg

 

 

 

Mardi : fini Trinidad et les bricolages au bateau, nous reprenons enfin la mer, retrouvons la houle, le vent dans les voiles et une première touche sur la ligne : un thon de 4 kg, qui ne nous échappera pas, grâce aux nouveaux hameçons achetés à Trinidad.

Autant vous dire qu'il est heureux le gamin, avec son beau poisson et son peson tout neuf qui permet d'homologuer le poids de la prise ! Ce sera steack de thon le midi (et les jours suivants).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PlateForme.jpg

 

 

Pas une voile sur l'eau, nous croiserons quelques pêcheurs dont un vénézuélien, qui nous propose du poisson et une plate forme pétrolière qui nous rappelle que Trinidad est un pays producteur de pétrole.

Les vents sont faibles et variables et nous atteindrons Prickly Bay au sud de Grenade à la nuit tombée, une baie choisie car l'entrée est dépourvue de pâtés de coraux (rarement balisés en ces régions). Nous mouillons par 9 m de fond sans trop avoir le temps de réfléchir, une pièce vient de lâcher dans la commande de transmission du moteur babord.

 

 

 

 

Je commence à me demander si INOUI délaissé depuis 6 mois ne tient pas à nous faire payer son abandon, « objets inanimés avez vous donc une âme.... ». Heureusement j'ai la pièce de rechange et une demie heure plus tard, c'est réparé !

 

Mercredi : baignade au lever du jour, petit déjeuner et cap sur le Vénézuela. Ce pays a des côtes magnifiques mais les attaques de bateaux de plaisance, pour pillage, sont fréquentes. Quatre attaques lors de ces deux derniers mois à l'île Margarita. L'archipel voisin de Los Testigos n'est par recommandé non plus et ces îles sont sur la route Trinidad – les Roques.

Alors nous passerons très Nord de ces zones à risque et ce n'est qu'une fois Margarita dépassée que nous nous nous dirigerons vers la continent à Puerto La Cruz. J'étais en relation avec un plaisancier, membre de l'association « Sail The World »comme moi, présent actuellement à Puerto la Cruz et je savais que les marinas de ce port sont sans danger.

NonoLecture

 

 

 

Le vent est modéré de l'arrière, pile dans l'axe, nous avons la flemme de sortir le spi, pas encore remis dans sa chaussette fraichement recousue et renforcée. Alors, selon les fluctuations du vent, nous naviguons grand largue en tirant des bords et parfois plein vent arrière, les voiles en ciseaux, il n'y a pas de houle, le pilote tient très bien le cap sans forcer. Je révise mes leçons d'espagnol, pendant que Marie-Noëlle lit, une navigation cool, même pas de pêche aujourd'hui, 3 kg de chair de thon, à manger à deux, cela suffit amplement.

Nous nous relayons la nuit environ toutes les deux heures, en veillant bien car nous n'avons pas allumé les feux de navigation pour ne pas être repérés par les éventuels pirates. Nous voyons les lueurs de Margarita, située à une quinzaine de miles au sud.

 

 

 

Jeudi : au matin nous commençons à infléchir la route vers Puerto la Cruz, les voiles portent mieux, le bateau commence à accélérer. Quelques orages proches avec éclairs nous font sortir les petites chaînes qui nous servent à relier le gréement à la masse (la mer), mais les éclairs ne s'approcheront pas trop près de nous. Passé 14 h, la survente thermique nous fait encore accélérer. 25 à 30 nœuds de vent de travers, nous filons entre 12 et 15 nœuds, malgré la voilure légèrement réduite, les pirates devront être bien motorisés pour nous rattraper.

Nous entrons dans la baie de Puerto la Cruz à la tombée de la nuit, encore 6 miles avant la marina dont il va falloir trouver l'entrée dans l'obscurité. Nous croisons de très près, la route de lanchas, lancées à plus de 20 noeuds sans feu, juste un faible clignotant allumé au dernier moment. La prudence nous commande d'allumer les feux de navigation, entre être repéré par les pirates (cela devient un sujet de plaisanterie à bord) et percuter un de ces bolides, choisissons le moindre risque...

Nous nous dirigeons à l'aide du GPS et du sondeur et ce n'est qu'au denier moment que nous apercevons une petite bouée lumineuse, clignotante verte, marquant l'extrémité de la jetée. Une fois à l'abri de la digue, j'appelle la marina par VHF et arrive à faire comprendre en espagnol au gardien de nuit qu'un cata arrive. Il nous attend sur le ponton de l'entrée et nous aide à nous amarrer.

Comme tout le monde dort dans la marina, nous les imitons.

 

Vendredi : finalement Hugo Chavez n'était pas présent pour nous souhaiter la bienvenue, vu son état de santé, nous l'excusons... Mais nous avons été bien accueillis par les locaux, les « hola amigo » pleuvent.

Après avoir amarré Inoui à une place définitive, nous attaquons notre première journée au programme administrativo-relaxo-utilitaire....

Les formalités d'entrée, très complexes au Vénézuela seront prises en charge par José Brottons, l'agent local préféré des Français. Ces formalités vont prendre plusieurs jours, nous allons donc nous installer dans ce coin reposant. Le change est effectué au marché noir ce qui donne 11 bolivars contre 5,9 au cours officiel pour 1 €. Inutile de payer par carte bancaire, tous les prix sont de fait quasi multipliés par deux. Puis achat de la connexion wifi (4 € pour 15 jours), premiers contacts avec les français habitués des lieux, un plouf dans la piscine...

Et oui nous sommes dans une marina de classe internationale avec plein de services pour 4 fois moins cher que La Rochelle (environ 15 € / jour,)....

RuesBagnoles

 

 

 

Première tournée en ville dans l'après midi, sympa et familial mais nous avons préféré rentrer en taxi, la nuit tombée, le quartier près du ghetto de luxe de la marina, fait un peu zone, un aperçu des banlieues d'Amérique du sud...des rues défoncées, des tas d'immondices, des voitures datant parfois de Mathusalem.

 

 

 

 

 

 

 

Samedi matin :  panne électrique une grande partie de la matinée dans le quartier de la marina, (c'est aussi cela, les tropiques) donc pas d'eau (???), ni sanitaires, ni piscine, ni wifi.

Alors, ballade à pieds vers Lecheria, la ville moderne qui jouxte Puerto La Cruz. 7 à 8 km sous la chaleur, les organismes ont un peu râlé !

Nous traversons des quartiers un peu friqués donc hautement sécurisés. Les ilots de maisons ou groupes d'immeubles sont derrière des murs, avec barrières électrifiées, gardes à l'entrée et barreaux aux fenêtres, jusqu'au quatrième étage pour les immeubles...

VitrailStGeorge

 

 

La présence de la religion est importante « Jesus te ama » se retrouve peint sur les murs et certaines voitures. Les églises sont magestueuses comme celle de Saint George que nous visitons, après acceptation des gardes et message de bienvenue du prêtre..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis nous avons atterri dans un centre commercial, avec tous commerces, mangé dans un resto local (pasta a la marinera) fait quelques emplettes et sommes rentrés en taxi (environ 4 € la course, mais le chauffeur m'aurait fait un rabais si j'avais eu des dollars, une denrée recherchée par ici).

L'après midi sera consacré à la récup', l'électricité est revenue, internet et ploufs dans la piscine en particulier. Les gens sont sympas, aimables, pas speedés et dans la marina, il y a une communauté de Français avec lesquels nous discutons.

Sans compter les chats, à l'attitude très câline dès que s'approche un plaisancier et les iguanes pas craintifs qui nous regardent passer avec un air dédaigneux. Puerto la Cruz est climatologiquement parlant, le Menton du Vénézuela, température moyenne de 28 ° le jour et 25 la nuit, avec un petit vent léger, et cela tout au long de l'année, donc un cadre reposant. Enfin en théorie, car au coeur de la journée, à l'abri du vent et au soleil, les températures dépassent les 45 °C.

 

Dimanche : changement d'heure en Europe, depuis ce matin nous n'avons plus que 5h 30 de décalage avec la France métropolitaine ; le Vénézuela ne semble pas aimer faire comme tout le monde, alors il a sa propre heure, décalée de 30 minutes par rapport à ses voisins.

J'arrive enfin à paramétrer mon compte Skype et j'effectue mes premiers essais. Malgré le faible débit du wifi, cela fonctionne correctement.

CroixPuertoLaCruzPromenade l'après-midi hors de la Marina, donc nous requittons le bunker des nantis et traversons le quartier populeux le long de la plage, toujours admiratifs des pélicans, en vol, en pêche ou au repos. Trois km plus loin nous arrivons sur un joli remblai entre la mer et le cœur de la ville. Ici c'est l'ambiance familles en promenade dominicale ou groupes de jeunes jouant sur la plage.

Les Vénézuéliens vont d'un type « descendant d'espagnol » peu métissé à un type un peu plus foncé mais pas trop, à type indien d'Amérique, nous croisons peu de noirs. La croix monumentale veille sur nous.

 

 

 

 

 

 

DidiMarche.jpg

 

 

 

 

Lundi : ballade au marché central, bien achalandé et animé, les prix sont en général inférieurs à ceux de France, exemple, 0,5 € le kg de citron vert, denrée fondamentale pour les Ti punch et planteurs. Les vendeurs sont aimables et se prêtent avec le sourire, aux séances photos de Marie-Noëlle.

 

 

 

 

 

 

 

TaxiChevrolet.jpgLe ravitaillement est conséquent, car les prochaines escales se feront sur des îles quasi désertes où nous ne trouverons que ce que nous aurons apporté ou péché. Retour en taxi, une grosse « Chevrolet » Malibu, de près de trente ans, superbe à l'intérieur avec ses skai astiqué, et à l'extérieur avec sa carrosserie lustrée et ses chromes brillants.

 

L'ambiance à bord passe progressivement sur un mode "préparatifs du départ" : formalités, plein d'eau, recherche de gasoil (au marché noir, car la vente de carburant est interdite aux bateaux étrangers), derniers renseignements nautiques auprès des voisins...

 

 

 

 

 

Nous partirons mercredi pour les Roques en relâchant un jour ou deux à la Tortuga . Il y aura une possibilité internet sur la plus grande de îles Roques... S'il n'y a pas de panne. Sinon, ce sera silence sur les ondes jusqu'au retour dans les DOM vers le 18-20 novembre. Sur cette route du retour, nous nous arrêterons sur l'île de la Blanquilla, tout aussi déserte...

 

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Pelicanos.jpg

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