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Le blog du catamaran inoui

De Fort Pierce (Floride) à Deltaville (Virginie) : suite et fin.

24 Avril 2017 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

Vendredi 14 mars : nous voici amarrés à la marina de Southport (Caroline du Nord) avec un objectif ravitaillement, le dernier remontant à 10 jours, lors de notre escale à Fort Pierce. Car c'est très joli de naviguer en pleine campagne, mais les alimentations, même de dépannage, sont rares et peu achalandées, pour les autres, il faut se déplacer souvent loin des centres villes.

Hors les USA ne favorisent pas le piéton, quant aux transports en commun, ne rêvons pas !

 

A Southport le supermarché est à 4 Km du centre, facile à l'aller. Mais avec un ravitaillement, orienté fruits et légumes, prévu pour une dizaine de jours, les sacs sont lourds à la sortie du magasin : du courage !

Non, de la chance suffit : un conducteur américain nous hèle et nous propose de nous déposer à la marina. Il pratique la plaisance également et a repéré notre look de navigateur. Un grand merci à lui et du coup, le retour n'est pas trop pénible !

 

 

A Southport, la météo et l'inlet nous permettraient de poursuivre à la voile par la mer, mais il faudrait contourner le Cap Frear dont les hauts fonds s'étendent à plus de 12 miles au large, un trop long détour, alors nous restons sur l'ICW jusqu'à Wrightsville en Caroline du Nord. A notre grand regret, car si nous longeons des zones de stations balnéaires, avec des maisons de styles variés,

 

et si nous croisons quelques pêcheurs paisibles, amateurs,

 

ou professionnels...

c'est hélas, le samedi de Pâques, les bateaux à moteur et leurs cortèges de sillages sont de sortie : ambiance shaker au mouillage jusqu'à la nuit !

Dimanche 16 : enfin nous le tenons notre tronçon par la mer ! Toutes les conditions s'y prêtent : des vents de Sud-Ouest 15-20 nœuds, donc portants, les inlets de Wrightsville et Beaufort (Caroline du Nord) sont praticables tous temps et bien balisés, de plus ils sont proches de l'ICW, donc font perdre peu de temps.

Autre argument en faveur de la mer, le passage entre ces villes via l'ICW peut être fortement ralenti.

En effet plusieurs ponts ne s'ouvrent que toutes les heures, et la traversée du ''Camp Lejeune'' peut être fermée plusieurs heures de rang. Ce Camp Lejeune est une zone d'exercices de tirs divers englobant une partie terrestre (avec l'ICW au milieu) et une partie marine qui nous oblige à nous éloigner de la côte.

 

Départ dés l'aube, en mer Inoui est dans son élément, allonge la foulée lorsque le vent forcit un peu et nous embouquons la passe de Beaufort vers 16h en réalisant de jolis surfs à plus de 14 nœuds, entre les bouées du chenal : merci à la survente thermique de l'après-midi.

 

Une fois les ponts de Beaufort franchis, nous avons le temps de continuer sur l'ICW et rejoignons un mouillage bien abrité, une quinzaine de miles plus loin : une progression de 96 miles sur l'ICW, notre meilleure journée.

 

L'ICW en Caroline du Nord est bien entretenu et dragué, les canaux sont larges, c'est une voie commerciale encore très fréquentée, de grosses barges l'empruntent

 

Dans les parties sinueuses, les croisements s'avèrent délicats.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 17 : dans les rivières (Neuse et Pamlico) le vent portant de Sud-Ouest nous permet d'avancer à la voile, sous foc déroulé, quel plaisir ! Quoique le bruit des moteurs est remplacé par celui des hélicoptères ou des réacteurs de chasseurs de l'U.S.A.F. qui nous survolent régulièrement.

 

 

Un contact avec la civilisation s'avère nécessaire et nous nous arrêtons à Belhaven (Caroline du Nord) car je viens de m'apercevoir que, lors de mon téléchargements de cartes suite à la fuite d'eau, certaines archives étaient incomplètes, je ne peux les ''dézipper'' : je n'ai plus de cartes pour poursuivre sur l'ICW à partir de demain soir, ni également pour arriver à Deltaville...

 

 

Et comme Belhaven n'est plus qu' à 135 miles de la Chesapeake, relax, un peu de tourisme tout en cherchant un café avec wifi....

Cette ville est un gros bourg rural avec quelques bâtiments en briques (ou à parure brique), de belles maisons victoriennes bien entretenues et un demi douzaine d'églises. Outre l'agriculture, la pêche aux crabes et un peu de tourisme, une des ressources locales est l'or gris et le café-wifi indiqué sur mon guide est devenu le Club des Seniors.

 

Mais nous trouvons notre bonheur dans un bar-billard-rock à fond, avec en plus une ambiance jeunes.... sexagénaires !

 

Mardi 18 : finies les douces conditions anticycloniques, il a plu toute la nuit et du vent fort de Nord-Est (donc contraire à notre route) est prévu pour aujourd'hui. Tant qu'Inoui navigue dans le canal bordé d'arbres qui relie la Pungo à l'Alligator River, la progression reste correcte mais une fois dans l'estuaire de l'Alligator River, le fetch est plus grand, le vent plus fort et le clapot marqué, nous avançons en forçant à moins de 4 noeuds. Nous préférons mouiller à l'abri, vers 13 h en attendant une accalmie : 34 miles parcourus, c'est notre plus petite journée.

 

Petit détail historisque : le canal sus-cité est le dernier ouvrage réalisé dans le cadre de l'ICW, il a été inauguré en 1928 et permet depuis, de relier Norfolk (Virginie) à Miami (Floride) sans passage en mer.

 

Le lendemain, le vent a baissé d'un cran, ce qui autorise l'ouverture du pont (certains ponts tournant reste fermés si le vent est fort) , mais le clapot reste formé ; cependant en s'appuyant avec la grand'voile, Inoui progresse vaillamment, en particulier dans l'Albermale Sound où pendant une dizaine de miles, les vaguelettes courtes atteignent parfois un mètre de hauteur.

 

 

Une fois le canal et les arbres retrouvés, la navigation redevient paisible et nous admirons de nouveau les paysages sauvages, les arbres, les roseaux,

 

les oiseaux,

 

 

 

et les pêcheurs-randonneurs.

 

Le trafic n'est quand même pas très dense sur l'ICW. Chaque jour, nous sommes doublés par quelques trawlers et nous voyons quelques voiliers aux mouillages le soir, nous en croisons peu allant vers le Sud : au printemps la migration se fait vers le Nord.

Sur la photo du trawler, la vague d'étrave est couleur café.

 

C'est la couleur de l'eau quasi tout le long de l'ICW, cela ne donne pas envie de se baigner. Par trois fois j'ai été obligé de plonger pour contrôler les hélices ou les débarrasser d'herbes, je n'ai pas éternisé le bain.

 

Cette couleur ne permet pas non plus de ''lire'' le fond, or parfois, le canal n'est sain qu'en son centre, en témoignent ces résidus de racines , et encore, eux sont visibles..

 

Nous croisons également des pêcheurs professionnels, des crevettiers se rendant sur leur zone de pêche, majestueux avec leurs tangons relevés,ou des pêcheurs de crabes.

 

 

Ces crustacés doivent pulluler car tous les 100 mètres, de part et d'autre de l'ICW et aussi dans les rivières voisines, nous apercevons des flotteurs de casiers. Et lorsque nous voyons un pêcheur remonter un casier, celui-ci contient au moins une dizaine de crabes.

 

Jeudi 20 : nous entrons en Virginie et nous franchissons l'écluse qui maintient un niveau constant dans le canal

 

 

 

puis nous franchissons nos derniers ponts ouvrants, 2 tournants, un à bascule,

 

et deux à tablier levant,

 

 

Nous voici enfin descendant l'Elisabeth River qui baigne le vaste port de Norfolk,

 

entre autres, grosse base de la Navy : nous avons compté 6 portes-avions

 

dont avec l'équipage nous saluant...

 

et de nombreux autres bâtiments gris.

 

 

 

Certains navires sont en maintenance et il est amusant de voir des ouvriers se faire la courte échelle pour accéder à une nacelle le long de ce monstre de technologie guerrière !.

 

Le point zéro de l'ICW est franchi, 965 miles (terrestres) depuis Fort Pierce et nous atteignons la Chesapeake où sous voilure de route Inoui progresse à 7 nœuds dans une petite brise thermique. La nuit proche nous invite à mouiller à Horn Harbour, gentille petite anse bordée d'arbres et de maisons, vastes mais sobres, loin du clinquant Floridien.

 

Vendredi 21 : après une quinzaine de miles parcourus sous voiles mais sur la Chesapeake, dans la douceur du petit matin, avec pour seuls compagnons sur le plan d'eau, les pêcheurs de crabes,

 

 

nous atteignons Deltaville et le chantier où Inoui passera l'été. Mais cela est une histoire.

 

 

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Angeline 04/05/2017 14:13

j'aime me promener ici. un bel univers. vous pouvez visiter mon blog (cliquez sur pseudo)