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Le blog du catamaran inoui

Des Abacos à Nassau (Bahamas)

9 Février 2017 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

Mardi 24 janvier : après le passage du ''front froid'', nous quittons Hope Town à la découverte de la mer des Abacos que nous allons sillonner pendant deux semaines. Celle-ci offre un plan d'eau très agréable pour la croisière : fermée en quasi totalité par un chapelet d'îles et de récifs, large de quelques miles, elle offre de nombreux mouillages ou abris, dont plusieurs sont de véritables trous à cyclone.

L'aspect mer intérieure annule la houle du large qui ne se fait sentir qu'aux abords des passes.

La météo hivernale y étant moins douce et les ''fronts froids'' plus violents qu'aux Exumas, la pleine saison ne débute ici qu'au printemps. Cela n'exclue pas de superbes journées agrémentées de couchers de soleil.

 

En ce moment les bateaux sont peu nombreux mais commencent à arriver.

La ''capitale'' des Abacos est Marsh Harbour, les plaisanciers (dont nous) mouillent dans sa vaste rade pour le ravitaillement et y trouvent de nombreux magasins dont un vaste supermarché alimentaire ; ensuite ils rayonnent dans les îles voisines.

 

Jeudi 26 : Nous sommes mouillés à Green Turtle Cay, dans White Sound, un abri totalement fermé où le fond est réputé de bonne tenue avec au programme bricolages et marche à pieds.

Green Turtle Cay est un des premiers ports d'entrée aux Abacos pour les navigateurs empruntant la route du ''Little Bahamas Bank''.

 

J'explique : alors que pour venir ici, nous avions vaillament pris l'option ''nuit en mer'', nos comparses Nord-Américains optent tous pour des routes sans navigation de nuit.

Ainsi pour atteindre les Abacos, ils démarrent de Floride (Fort Lauderdale ou West Palm Beach, qu'ils ont atteint par l'Intra Coastal Waterway) rejoignent West Point (60 miles) au Nord de Great Bahama Island et mouillent : dodo !

Puis ils s'engagent sur le Little Bahamas Bank, mouillent 50 miles plus loin autour de Salt Cay (redodo) et enfin rejoignent la mer des Abacos, éloignée d'une cinquantaine de miles.... Sans avoir perdu une heure de sommeil ! Elle n'est pas belle la navigation aux Bahamas !

Et pour limiter les risques, ils naviguent en flotille, nous venons de voir arriver en quelques minutes, 5 trawlers arborant le pavillon jaune !

Arrêtons de railler, parlons des locaux !

 

White Sound est vaste et secure comme mouillage mais est éloigné de la ville, qu'à cela ne tienne, nous aimons marcher et après 1h30 nous atteignons notre objectif.

La plupart des personnes nous dépassant et possédant de la place dans la voiturette de golf (le moyen privilégié de déplacement dans ces microcosmes insulaires) s'arrêtent et nous proposent de monter, gentil non !

 

Ces îles possèdent souvent une souche ancienne d'habitants, New Plymouth, la ville de Green Turtle Cay a été fondée au XVIII ème, certes quasi 3 siècles après la venue de Christophe, mais enfin, cela fait quand même près de 250 ans.

 

C'était une communauté de pêcheurs, quelques mini rues, plusieurs églises, une mini alimentation, une Poste croquignolesque, l'implantation ancienne est ressentie. La survie est assurée par le tourisme, les marinas avec leurs plaisanciers, les lotissements avec les bâtisseurs, les entreteneurs (ceux qui entretiennent)...

 

Une sympathique exception se situe à Man a War Cay, une communauté semblable, mais qui possède une tradition de chantiers navals qui perdure. Certes le bois a cédé la place au composite mais des barques de pêche y sont toujours construites. Sans compter que les installations de mise à l'eau sont utilisées pour la sortie de divers bateaux et leurs réparations.

Nous avons un faible pour ces zones à implantation ancienne. Les maisons y sont modestes, en bois, bien repeintes, avec de petits jardinets fleuris et des décos originales.

 

Les rues sont étroites permettant à peine le croisement de 2 voiturettes de golf.

Ces villages sont situés autour des abris naturels à Hope Town, New Plymouyh, Man a War Cay.

 

En dehors de ces zones anciennes, poussent des lôtissements : les voies de circulation s'élargissent souvent, sont goudronnées parfois et les maisons sont plutôt de style ''Floridien'' et atteignent la démesure qui séduit les touristes Nord-Américain.

 

Un trait architectural fréquent aux Abacos est une sorte de tour, solarium-observatoire, qui coiffe la maison. Dans les constructions récentes cette tour est intégrée au toit avec accès intérieur, mais dans les demeures anciennes rénovées cet appendice original est rajouté avec un escalier extérieur.

 

Fréquemment aux extrémités d'une île, la route est fermée ''private access''. Un promoteur a acheté tout le secteur, seuls les résidents du luxueux lotissement peuvent y accéder.

 

Une mention particulière pour Tréasure Cay, l'île au trésor. Nous n'y rencontrerons pas Long John Silver ou autres pirates chers à Stevenson, mais des villas et résidences de luxe.

Cette île possède deux atouts majeurs : une longue plage (5 km) vantée comme l'une des 10 plus belles du monde et un très vaste abri naturel dont les rives ont été entièrement bétonnées, bordées de résidences avec pontons et d'une marina de luxe. Nous nous y réfugions pour laisser passer un nouveau ''front froid'', la rade est assez vaste pour que les plaisanciers puissent mouiller en dehors des zones de bouées.

Ce front est moins violent que le précédent mais s'est caractérisé par une douzaine d'heures de pluie continuelle. Rien de plus déprimant que la pluie, enfermés dans une cabine, alors sous les ponchos, nous parcourons quand même les zones résidentielles, en partie désertes en cette saison.

 

 

Le lendemain, sous un soleil radieux nous arpentons la plage dans toute sa longueur, ne croisant qu'une dizaine de personnes dont des Québécois avec lesquels nous cheminons un moment. Quel plaisir d'avoir un échange long en Français, nous sommes un peu en manque car nous ne rencontrerons aucun compatriote dans les Abacos.

 

Nous essayons différents mouillages. Si le vent force, nous entrons dans un abri fermé sinon nous crochons l'ancre, sous le vent d'une plage de préférence. Ensuite s'enchaînent bains, promenades et collectes de coquillages.

 

Les plages océanes ont notre préférence, sans doute à cause de l'animation créée par la houle, les côtes rocheuses sont belles également.

 

 

L'eau est toujours transparente quoique encore un peu fraiche de 22 à 24°C, les baignades ne sont pas très longues.

Les fonds sont de sable, pas très variés, les coraux sont rares, les poissons aussi. J'ai quand même déniché une langouste, pas très grosse mais délicieuse, la première de la saison !

 

La nature est belle dans cette région,la flore,  la faune, les oiseaux surtout...

 

 

 

Notre dernier mouillage aux Abacos est Little Harbour, une anse fermée circulaire d'à peine 300 m de diamétre, superbe et embellie par son passé. Dans les années 50, Randolph Johnston, un sculpteur célèbre et sa femme embarquent leurs quatre enfants à bord d'une goélette à la recherche d'un lieu loin de la civilisation. Ils se fixent à Little Harbour, vivent comme des Robinsons, dans une grotte, des huttes en bois, tout en construisant une fonderie pour les bronzes de Randolph qui vécut et travailla en ce lieu une quarantaine d'années. Un de ses fils, Peter, continue la sculpture, a ouvert une galerie, un pub, et a équipé la rade de bouées....

Notre promenade nous permet d'admirer, des œuvres de ces 2 artistes.

 

 

Lundi 6 février : dès le lever du soleil, nous franchissons la passe de Little Harbour et faisons route vers Eleuthera, distante d'une cinquantaine de miles au Sud. Le vent est modéré de Nord-Est, sous voilure de route Inoui progresse en douceur, sous le soleil : des conditions idéales.

 

 

 

Le lendemain nous nous rendons à Spanish Wells,une ville que nous connaissons et qui nous avait plu ; nous y avons séjourné l'an dernier en avril, les touristes grouillaient, mais en ce moment seuls les locaux sont présents.

La marina est déserte, le bar avec wifi et Happy hours : fermé....une autre vision de cette ville,cependant  animée car actif port de pêche !

 

Vendredi 10 février : nous attendions une météo agréable pour rejoindre Nassau, à 45 miles au Sud -Ouest et donc par un vent de Nord-Est 25 noeuds nous filons au portant vers notre objectif. Sans doute pensez-vous que je radote, mais je ne peux m'empècher de faire part de notre satisfaction de sentir Inoui impérial dans ces conditions : sans effort, avec une vitesse 8-9 noeuds, accélérant sur les vagues pour réaliser des pointes de vitesse jusqu'à 17 noeuds, dans ''plaisance'', il y a plaisir !

Seul bémol, aucun poisson n'a mordu à la traine ! Pô grave, au mouillage sous Rose Island, à proximité de Nassau, nous avons sympathisé avec un équipage Français, le premier rencontré  depuis.... la France, il y a un mois.

En prime, ils nous ont indiqué un spot à lambis, et hop, 5 de ces sympathiques mollusques dans le réfrigérateur.

Samedi 11 février : nous voici amarrés au Nassau Harbour Club : lessives, ravitaillements au programme, car demain nous rejoignent notre fils et nos petite filles, mais cela est une autre histoire

 

 

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Martine 12/02/2017 23:20

Un joli récit et de belles photos.... merci pour le partage de cette balade !
Profitez bien de la suite !