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Le blog du catamaran inoui

Road trip en Louisiane : le pays cajun

8 Novembre 2016 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

Mardi 8 octobre : la première étape de notre « road trip » est Tallahassee, qui comme chacun sait, est la capitale de l'état de Floride mais également le trou du monde ! Heureusement qu'un gouverneur un peu plus mégalo que les autres a fait construire un '' State Capitole'' d'une trentaine d'étages, cela permet une vue sur les quelques immeubles et la très très proche campagne environnante. Une université d'Etat et ses étudiants fournit un peu d'animation dans une rue et ses quelques bars, le soir venu.

 

 

Puis nous traversons la région de la Floride baptisée le '' Panhandle '' (la queue de la poêle) avec comme objectif Pensacola au bout de la queue, quelques miles plus loin, c'est l'Alabama. D'ailleurs nous venons de changer de fuseau horaire, 7 h de décalage avec la France au lieu de 6.

A Pensacola Beach et dans les stations balnéaires environnantes, nous voyons le sable le plus blanc jamais rencontré !

 

Mais aussi des aménagements pour touristes les plus laids, cependant l' eau est bleu turquoise et aucune trace de pollution n'est visible malgré la catastrophe assez récente de la plate forme ''Deepwater Horizon'' :

 

 

En soirée, le centre historique de Pensacola s'avère un peu animé, quoique petitou, gentillet mais finalement, intéressant.

Puis nous enchaînons avec le Shrimp Festival de Gulf Shore (Alabama). Nous nous sommes régalés des bonnes crevettes du Golfe du Mexique à la sauce ''cajun'' !

 

 

Les concerts de groupes Country de l'Alabama profond (sur 2 scènes) étaient agréables à entendre et les américains sont des festivaliers bons enfants, ; ils consomment certes mais dansent, applaudissent et surtout viennent avec leurs fauteuils pliants, l'outil indsipensable du festivalier au long cours !

 

Cela chauffe en ce bord de mer, dans l'après midi 33 °C à l'ombre et évidemment l'ombre est rare et aucun siège n'est disponible pour les néophytes, usant !

 

 

Nous partons passer la soirée et la nuit à Mobile (Alabama) : rien à dire car rien à faire ni à voir !.

 

Vendredi : un grand bond vers Lafayette en Louisiane et nous débutons l'imprégnation culturelle avec un superbe film au Centre Culturel Acadien : poignant le récit de ce déplacement-génocide (''le Grand Dérangement'' en Cajun) de cette population francophone, victime des Anglais victorieux et expansionnistes.

 

 

La mise à jour culturelle continue avec la visite d'un village, regroupement de maisons typiques anciennes, restaurées et animées par des représentations de métiers et activités anciens.

 

 

La nouvelle génération Cadienne est quasi uniquement anglophone suite à des lois interdisant le Français à l'école et dans les lieux publics et c'est dans les musées, centres culturels, ou lors du festival que l'on peut entendre un peu de langue française,

 

Il n'empêche qu'il est amusant ce vieux français avec des mots déformés, la chevrette pour crevette, cocodrie pour crocrodile (en fait des alligators), les bécous, asteure, etc....

« Laissez les bons temps rouler », est le dicton cajun : je l'adopte !

 

 

Le festival Acadien et Créole de Lafayette est un grand moment de vie locale : d'abord le spectacle avec 6 spots de musique : 2 grandes scénes, 2 scènes mineures, un spot pour Jam Session, ou chacun vient avec son propre instrument et se joint à l'orchestre, et un spot pour danse....

Mais les Acadiens dansent devant toutes les scènes, des centaines de couples (autant d'hommes que de femmes), jeunes, vieux et cela se déhanche fort : ils lâchent pas la patate !

Plus il y a de poussière, plus l'orchestre est bon, c'est l'applaudimètre local. Et cela pendant 2 jours, soit pour nous, une quinzaine d'heures de musique Cajun !

 

 

 

Notre spot préféré est le Jam Session, d'abord il n'y a pas avalanche de décibels, puis c'est plaisant à voir cette mixité d'âge, et de sexes, voire de couleurs (quoique le noir est très minoritaire en Nouvelle Acadie) et d'instruments :

 

 

le violon, la guitare, l'accordéon Cajun et la contrebasse.

 

Mais aussi des instruments issus des possibilités domestiques comme la planche à laver métallique que l'on gratte avec des décapsuleurs ou des fouets à monter les œufs, des castagnettes faites d'assemblages de cuillères à soupe etc...

 

Sur certaines zones de pelouse, les familles ont dressé les tentes et les enfants jouent tout autour ou dorment, renouant ainsi avec la tradition des '' fais dodo '' le nom donné aux bals cajuns...

 

 

 

Nous avons gouté quelques spécialités, une mention pour le ''boudin'', c'est en fait une grosse saucisse de viande de porc, de riz et d'épices : excellent ma foi, nous en reprendrons !

 

Lundi et mardi : les journées nous ont paru un peu décousues en visitant des villes au cœur du pays Cajun : intéressantes certes car de nombreuses maisons ont du style mais certaines, les plus modestes souvent, ainsi que des commerces, sont à vendre ; faute de travail, la région se dépeuple, nous ressentons presque une impression de villes fantômes.

 

 

Quant aux sites à visiter, ils n'ouvrent qu'aux abords du week-end, ou ont un personnel restreint, souvent nonchalant, et n'avaient plus de guides francophones (ils les embauchent en pleine saison touristique)...

Nous ferons donc le tour du lac Martin à pieds, admirant la faune ....

 

 

La faune dont nos premiers alligators.

 

D'abord de loin puis de plus prés : ils ont la réputation de ne pas agresser l'homme sauf blessure ou présence de petits...

Les paysages de marais avec les cyprès recouverts de ''mousse espagnole'' et les pieds dans l'eau sont de toute beauté.

 

 

Chaque ville possède sa statue de Henry Longfellow auteur du poème romantique Evangéline, hymne à la tragédie du '' Grand Dérangement'' des Acadiens ; le poète comme la jeune héroïne font l'objet d'un véritable culte

. Nous verrons souvent aussi des statues de la jeune fille, des rues, villes ou lieux publics à son nom et même sa tombe !

 

Les températures sont encore élevées, j'ai d'ailleurs eu un moment de stress en entendant à la TV que les maximas allaient être de 15 à 20 degrés supérieurs aux moyennes saisonnières. Degrés Farenheit, réalisais-je un peu plus tard, cela correspond quand même à 8, 10 degrés Celsius de plus.

 

Nous faisons une tentative de plage dans un ''parc régional'' mais la mer y était polluée par des résidus noirs (boulettes et fines particules en suspension) qui rappellent que la Louisiane est un Etat producteur de pétrole, nous mettons les pieds dans l'eau mais sans plus... Un espoir : l'hôtel du soir comporte une piscine : l'eau y est verte. Reste la douche, heureusement sans problème....

 

 

Mercredi fut une journée sans déconvenue ! La visite de la ferme d'alligators, élevage mais aussi dépeçage et écorchage lors de la période de chasse, (un des principaux clients est Hermes...) est parfaite. Bien que nous soyons les seuls visiteurs du jour, la guide, pure anglophone, s'est bien démenée, un bel exposé appuyé par des photos, vidéos, visite de l'écloserie,

 

Puis des ateliers de préparation des peaux et manipulation des bèbêtes...

 

.

 

Ensuite nous enchaînons avec un tour en airboat. C'est nouveau pour nous et nous trouvons très fun de naviguer dans les marais et de passer au dessus des bancs de vase, ou la terre ferme à plus de 60 km/h. Le show du guide est au point, aidé en cela par des alligators habitués à ses visites et les apports de nourriture... de vrais toutous qui montent à bord pour attraper un bout de poulet.

 

 

Ensuite soirée cool à Houma avec bière dans un pub implantés dans un bâtiment ancien ...

 

et où les clients enflammés discutent politique (Hillary versus Donald), tout en rigolant parfois en nous prenant à témoin...

 

Jeudi : en matinée, nous visitons Thibodaux, (15 000 habitants) avec quelques belles bâtisses fin 19 éme, par contre, il n'y a quasi personne dans les rues, de rares voitures circulent ; nous trouvons un peu déprimant ces centres villes U.S. sans le moindre piéton.

La ville est traversée par le bayou (rivière) Lafourche et nous voyons un alligator beaché sur un banc de vase puis un autre qui nageait tranquillou ! Ce n'est pas la peine de s'enfoncer dans les marais pour les voir !

La présence de ces sauriens pourrait peut être expliquer la disparition des habitants ?

 

 

Côté nourriture, nous consommons des plats locaux lors des festivals, c'est parfois excellent comme les écrevisses « à l'étouffée », le gumbo (soupe épaisse), c'est parfois surprenant comme les craclins, vendus à tous les coins de rue : de la couenne de porc hypercuite dans la friture, cela craque certes et apporte des calories, sinon...

Un soir, à New Iberia, dans un restaurant, nous voyons nos voisins manger des fruits de mer. La carte propose un sympathique plateau avec crevettes, huitres, crabes, poissons et même cuisses de grenouille : tout est arrivé frit, enveloppé dans une épaisse pâte à beignet, même les huitres ! Saturés nous fûmes !

Nous verrons souvent de l'alligator au menu mais leur seule manière de le cuisiner est «  on a stick » en brochette recouvert de pâte à beignet et frit : nous renonçons !

 

 

Les visites s'enchainent : une plateforme pétrolière désaffectée qui sert de training center aux étudiants,

 

Ensuite nous visitons le plus ancien moulin à riz de la région où nous apprenons tout de cette culture (semis par avion... et  en dehors de la saison de culture, les rizières servent pour l'élevage des écrevisses....), puis nous rejoignons Crowley, centre Louisiannais de la culture du riz où débutait le « Rice festival »... avec le concours du plus gros mangeur de riz.

 

 

On y trouve une grosse fête foraine, des expositions et démonstrations de vieilles machines utilisées en riziculture, des allées avec stands de nourriture, 2 scènes et des groupes qui se succédent avec de la bonne musique. Un style un peu moins cajun qu'à Lafayette avec du Rock et du Zydeco (prononcer zadéco) un mix Country, Rythm' Blues propre à l'Acadie avec quelques instruments de musique bricolés ''cuisine''; ce nom tire son origine de ''les zaricots ne sont pas salés''. Bon je vous aide : un plat classique est les haricots au porc (salé évidemment) ; lors des disettes, pas de porc, pas de sel....

 

La nouveauté pour nous est venue de la parade (à l'américaine) : police, ambulance, pompiers (tous avec sirènes) devant le cortège, ensuite les miss sur de belles voitures ou sur des chars, puis toutes les écoles de la région, en uniformes, avec danses style majorette et même des fanfares pour les High School... On a pu cependant constater que la mixité de couleur n'est pas vraiment d'actualité dans ces écoles !

 

Vendredi 21 octobre : c'est bientôt le week-end, synonyme d'animations en ville, direction New Orleans, mais cela est une autre histoire !

 

 

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