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Le blog du catamaran inoui

De Nassau à Jacksonville (Floride)

5 Mai 2016 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

Samedi 9 avril : Inoui est amarré depuis hier, au Nassau Yacht Haven, une marina recommandée par des copains et aux prix raisonnables pour cette ville, un peu moins de 100 US$ la nuit pour Inoui, eau comprise ; mais cela fait du bien d'avoir le bateau à quai, de pouvoir débarquer quand bon nous semble et de marcher ....

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Aprés nos premiers repérages, courses et quelques visites en ville, nous constatons que ce n'est pas une ville pour piétons, finalement très rares, car de nombreuses rues ne possèdent pas de trottoirs, les voitures nous rasent dangereusement...

Le centre ville est propre mais finalement assez petit avec quelques bâtiments, églises, palais du gouverneur... le tout d'un style 19 éme siècle gentillet.

De Nassau à Jacksonville (Floride)

La partie animée de jour (et piétonne) se situe autour du port des paquebots (entre 2 et 5 à quai chaque jour) qui déversent chacun 2000 à 3000 touristes !

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Le spectacle de la faune de ces paquebots nous distrait toujours autant.

De Nassau à Jacksonville (Floride)

La traversée des ponts qui enjambent le bras de mer, nous conduit sur Paradise Island, rebaptisée ainsi après son achat pour en faire la principale zone loisir à touristes de Nassau. L'ancien nom, Hog Island (cochon) devait être moins porteur de rêves. On y trouve des marinas de luxe (plus de 200 $ la nuit pour Inoui) des resorts divers et surtout le complexe hôtelier Atlantis, avec un environnement luxueux, à l'architecture surprenante, mélange du château de la Belle au bois dormant pour le haut et d'un temple Maya pour le bas (??, les Mayas n'ont jamais mis les pieds aux Bahamas ; vous me direz : la Belle au bois dormant, sans doute non plus ! ).

De Nassau à Jacksonville (Floride)

A l'intérieur se trouvent des aquariums géants, contenant de nombreuses espèces de poissons dont des grandes raies majestueuses, un autre avec des requins et un dernier avec des dauphins ....

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Une autre zone hôtelière plus récente est située à l'Ouest du centre à Cable Beach ; nous l'atteignons en petits bus, baptisés localement ''Jitneys'', très pratiques au réseau dense et d'un coût raisonnables (1,25 $).

Laureline et une de ses amies sont arrivées dimanche soir, du coup l'animation à bord est montée de quelques crans. Louise que nous ne connaissions pas, est très sympathique et pleine d'humour, donc de bonne compagnie....

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Nous sommes retournés aux Exumas, à la grotte de James Bond, au bar branché de Staniel Cay, avons nourri et joué avec les cochons nageurs, visité la réserve de Warderick Wells, le tout entrecoupé de bains, de jeux....

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Les filles se sont inscrites à une sortie plongée sous-marine samedi matin à Nassau.

De retour, si elles sont enchantées par les sites de plongée, en particulier du Blue Hole, elles émettent des réserves sur la compétence et la sécurité avec les Bahama Divers : la première plongée le groupe est descendu jusqu'à 33 m alors qu'il y avait des quasi débutants et l'encadrement était insuffisant, quant à la deuxième à 10 m, elles l'ont faite en autonomie complète. Heureusement Louise est une plongeuse confirmée et elle a pris en charge Laureline, moins expérimentée...

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Après un samedi soir festif avec cocktails près du cruise dock et ''conch (lambi) salad'' au ''Fish Fry'', séries de gargotes à proximité du port de pêche, où les locaux viennent déguster des produits de la mer, nos jeunettes sont reparties dimanche après midi vers la France.

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Lundi 18 : nous quittons le secteur de Nassau en route vers l'archipel des Berry Island, une trentaine de miles au Nord. Les vents ont soufflé de Nord-Est assez fort lors des dernières 24 heures générant une belle houle qui déferle dans le cut proche de Rose Island et le rend impraticable. Nous devons sortir par un cut plus profond distant de quelques miles. Nous y trouvons une zone navigable sans déferlante mais avec une ambiance montagne russe pendant quelques centaines de mètres.

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Les Berry Island offrent un autre paysage des Bahamas, quasi désert, des côtes rocheuses recouvertes de petits palmiers, quelques jolies petites plages mais avec un banc très peu profond : malgré le faible tirant d'eau d'Inoui, nous devons le quitter et franchir des cuts pour passer d'une île à l'autre.

Nous mouillons à Bond Caye puis à Great Stirrup Caye, une des îles achetées par la Norvegian Cruise Lines, pour en faire une escale paradisiaque pour ses paquebots de croisière ; on en voit un à deux au mouillage chaque jour et des milliers de touristes bronzant sur les pages ou faisant trempette dans l'eau turquoise, voire.. du jet ski, moins tranquille pour nous !

La météo confirme que jeudi et vendredi les vents seront de Sud-Est, idéal pour remonter vers le Nord dans le Gulf Stream.

Mercredi : nous partons au lever du jour (6h45) de Great Stirrup Caye à une allure de largue vers Freeport (Grand Bahamas) 60 miles plus loin, où nous pensons rendre visite aux autorités pour la sortie des Bahamas. Le vent, faible au début, forcit et Inoui accélère. Nous doublons un de nos voisins de mouillage, un Québécois dont le trawler porte le joli nom de ''Eau de Vie''. Nous conversons à la VHF : il me renseigne sur les marinas de Freeport au sud de l'île et m'informe que je n'ai pas besoin de détenir une clearance de sortie bahamienne pour l'entrée aux USA.

De plus, on arrive à Freeport vers 14h 30, à la marée basse et j'ai des doutes sur les hauteurs d'eau dans les canaux d’accès à ces marinas, canaux qui s'ensablent régulièrement et ne sont dragués qu'épisodiquement.

Alors nous continuons une vingtaine de miles plus loin vers la marina de West End, qui comme son nom l'indique est située à l'extrémité Nord-Ouest de Grand Bahamas. Mais le vent forcit encore, et lorsque nous atteignons notre objectif vers 17h, je ne me sens pas de manœuvrer entre les pieux (une spécialité des marinas US) de la marina par 25 nœuds de travers et mouillons à l'extérieur devant la plage, mouillage calme finalement !

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Jeudi 21 : départ à 7 h du matin, avec un vent d'ESE, prévu 20 noeuds GRIB, pour une route au NNW et avec le Gulf Stream dans le bon sens, La passe de Jacksonville est à 260 miles devant les étraves, que du bonheur en prévision, hormis une nuit en mer, (notre déplaisir) ! Et surtout, nous ne pouvons pas nous attarder car samedi et dimanche, le vent se remet au secteur Nord !

Au grand largue, sous voilure de route Inoui avale les miles à plus de 8 noeuds, avec de belles accélérations sur les vagues. Après quelques heures, nous sommes entrés dans le Gulf Stream. La différence d'indication de vitesse entre le GPS et le loch nous permet de constater que nous bénéficions d'un courant favorable voisin de 3 noeuds. A 19 heures, nous avons parcouru 132 miles, 11 noeuds de moyenne sur 12h et nous avons dépassé le mi-parcours !

Après le coucher de soleil (magnifique!), nous affalons la grand'voile, du coup notre fougueux coursier se calme un peu et sous voiles d'avant progresse encore à plus de 7 noeuds (au loch) mais sans trop de bruit : silence, on dort (enfin, chacun notre tour) !

De Nassau à Jacksonville (Floride)

En fin de nuit, le vent faiblit, la vitesse diminue, d'autant que nous quittons le Gulf Stream mais nous embouquons quand même la rivière St John, (qui arrose Jacksonville) vers 16 h. Après quelques miles de remontée de rivière, nous mouillons pour la nuit, dans un bras secondaire.

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Petit changement de paysage par rapport aux Cayes des Bahamas ; à gauche, une base de l'US Navy, avec porte-avion et nombreux autres navires de guerre, à droite une centrale nucléaire et en face un terminal contenairs. Et au milieu de tout cela, de belles maisons du ''Sud'', à colonnes, pelouse, drapeau US et ponton privé pour le bateau.

Pendant la soirée, nous essuyons une série d'averses quasi diluviennes qui nous réjouissent grandement : nous ne pouvions rêver d'un rinçage à l'eau douce des voiles et du bateau plus facile : quelques heures de gagnées sur les travaux d'hivernage.

Samedi, nous continuons la remontée de la rivière St John jusqu'à Jacksonville et nous nous amarrons à la Metropolitan Park Marina, peu éloignée du centre et offrant 3 jours gratuits aux visiteurs.

Le probléme du moment est la clearance d'entrée : la législation US exige que, dés notre arrivée, nous téléphonions aux US CBP, qui en échange de nombreuses informations sur le bateau et l'équipage nous attribuent un ''arrival number'' ; nous avons alors 24 h pour nous présenter devant un officier des CBP (Custom and Border Protection, un mix entre entre la douane et la police des frontières).

A Jacksonville les bureaux sont fermés le week-end et le risque est de devoir nous rendre à une permanence dans une ville éloignée. Mais nous sommes pris en charge par un couple de Québécois, croisés aux Bahamas, qui se renseignent pour nous, empruntent le téléphone d'un voisin de ponton américain, négocient pour que nous n'ayons à nous présenter que lundi matin aux bureaux locaux. Toujours avec le téléphone du voisin, je n'ai plus qu'à satisfaire aux obligations de ma déclaration téléphonique auprès d'un officier sympathique qui clôt la conversation par un '' welcome to the United States ''.

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Ma sérénité retrouvée, je rejoins Marie-Noëlle dans le début du désarmement du bateau, puis nous partons à la découverte de Jacksonville, avec comme objectif la recherche d'un lieu public ouvert, avec wifi. Car c'est le week-end et le centre ville est désert sauf le ''Jacksonville Landing'' au bord de la rivière, avec une vingtaine de bars et restaurants, bien animés.

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Un autre bateau français est arrivé à la marina et comme nous, doit effectuer les formalités d'entrée ; nous faisons taxi commun car les locaux des USCBP sont à plus de 15 miles du centre ville. La responsable de la délivrance des cruising permit est une des ''douanières'' les plus sympathiques et efficaces que nous ayons croisées et nous sommes admited aux States avec le bateau.

Du coup nous mettons le cap sur la marina choisie située à plus d'une vingtaine de miles sur la rivière Saint Johns ! J'ai le plaisir de faire lever mon premier pont, trop bas pour nous, puis de passer sous de nombreux ponts fixes dont la clairance verticale est au moins de 65 pieds (19,8 m), le mat d'Inoui culminant à 60 pieds (18,3 m).

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Sitôt arrivés nous confirmons la sortie de l'eau du bateau, fixée à mercredi matin, le timing est bon pour notre retour en France. Nous commençons à désarmer le bateau et à l'occasion du ''déhookage'' du Yankee, j'effectue ma huitiéme montée au mat de la saison, un record !

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Nous voici donc à proximité de la ville de Green Cove Springs, à Reynolds Park Marina. C'est une reconversion d'un chantier naval où furent construits les Liberty Ship pendant la dernière guerre mondiale. Une série de très long pontons en béton, dont un est restauré pour l'amarrage des bateaux de plaisance, avec une vie sociale intense, très US. Un bâtiment est aménagé pour le confort des équipages avec laverie (1 US$ la machine), cuisine superbement équipée, vaste salon salle à manger, avec TV, ordinateurs, imprimante, bibliothèque, le tout très clean !

Le terre plein est vaste pour le storage des bateaux et surtout, cette marina dispose d'un très large travelift prévu pour sortir les barges, mais hélas pas pour les bateaux à mat, d'où la nécessité du démâtage avant la mise à terre. Mais c'est de loin, le lieu d'hivernage le moins cher de Floride pour un catamaran !

De Nassau à Jacksonville (Floride)

Mercredi 27 avril : Inoui est posé sur le terre-plein au milieu d'autres catamarans, son mat couché sous le bateau et la routine des travaux de préparation à l'hivernage commence.

Chaque chantier de gardiennage a son ennui dominant propre : ici, ce sont des petites fourmis qui ont déjà envahi les bateaux voisins, se lancent à l'assaut d'Inoui et contre lesquels nous devons lutter. Nous disposons stratégiquement divers toxiques longue durée, en poudre ou en liquide et nous essayons de boucher tous les orifices, mission quasi impossible car sans circulation d'air, l'intérieur du bateau serait humide et couvert de moisissures.

Mardi 3 mai : le bateau est fermé, recouvert de sa bâche ; avec notre voiture de location nous rejoignons l'aéroport de Jacksonville, pour le retour en France, via Miami et Madrid.

Nous retrouverons Inoui début Octobre, mais cela sera une autre histoire.

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