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Le blog du catamaran inoui

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

15 Avril 2015 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

Mardi 24 mars : Dés les premières lueurs du jour, nous embouquons la passe de sortie de Bocas del Toro, la mer est quasi plate, aucune déferlante n'est visible sur les hauts-fonds. La météo ne nous promet pas une navigation excitante, mais nous allons pouvoir nous extraire de ce fond de golfe sans souffrir. Pour les 2 jours à venir : houle inférieure à 0,8 m, vent variable faible de NE dominant.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

San Andres, notre objectif, est à 200 miles au Nord-Nord-Est et nous faisons la plus grande partie de la route au moteur, avec un appui des voiles dans le vent évanescent, nous n'aurons que 6 heures de plaisir de voile pure et presque 30 heures de moteur, à oublier !

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Ces conditions calmes sont reposantes et permettent de mieux repérer et observer les animaux marins, dont les dauphins qui viennent jouer entre les étraves d'Inoui.

Sur notre route, à 20 miles au Sud de San Andres, se trouve un vaste récif corallien, Cayo Albuquerque et comme nous y arrivons de jour, nous décidons de nous y arrêter, encouragés par la présence d'un poste militaire colombien. Ceci nous rassure, car dans ce secteur, un de nos amis navigateur a été victime d'une tentative de piratage en automne dernier. Nos anges gardiens en armes, nous interdisent cependant de débarquer sur leur île.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Jeudi : après le bain du matin et une dernière petite étape avec vent faible, nous arrivons à l'île colombienne de San Andres où nous mouillons au milieu d'une demi douzaine de plaisanciers. Le port est très actif, de nombreux transports de touristes le sillonnent, les quais sont bruyants avec une circulation dense et le front de mer est occupé par de nombreux grands hôtels dont certains atteignent les 8 étages.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Après le souvenir de Providencia, l'autre île colombienne voisine que nous avions visité en automne, cela fait un choc. Quelques chiffres illustrent la différence : Providencia 24 km² et un maximum de 6 mille personnes (touristes et habitants) ; San Andres 28 km² et près de 100 mille personnes en moyenne !

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Du vendredi au mardi : nous prenons nos marques dans cette nouvelle escale. Tout d'abord, trouver un point de débarquement où laisser l'annexe en sécurité. Nous optons pour Nene's Marina ; 2 petits pontons, 15 bateaux mais un dinghy dock à 2$ par jour et un personnel serviable et de bons conseils. Comme nous sommes en Colombie, il est obligatoire de passer par un ship agent agréé pour la clearance, il y en a qu'un seul dans l'île, nous choisissons donc René qui arrive quelques minutes après l'appel de la marina, bientôt suivi de l'officier d'immigration. Délestés de 122 $, nous sommes en règle, l'objectif suivant est un distributeur de billets, coup de chance, le second trouvé fonctionne, puis nous partons à la recherche d'une carte SIM et d'un Plan Internet, nous sommes devenus accros de la 3G. La boutique choisie est tenue par un Libanais qui parle Français, il s'occupe de tout et nous donne de précieux conseils sur l'île. Tous les objectifs de la matinée sont atteints avec succès, nous sommes fiers de nous.

Nous pouvons parcourir la ville en flânant et en découvrant ses charmes, en particulier un grand remblai bordant une vaste plage publique très animée.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Le lendemain nous partons effectuer le tour de l'île en … Non, non ne riez pas !

En voiturette de golf, comme dans les quartiers chics des séries TV US. Ce véhicule présente de nombreux avantages pour visiter une petite île : la vitesse maxi de 20 km/h permet d'admirer le paysage, il braque quasi sur place, un vaste toit nous donne de l'ombre et les courants d'air nous rafraîchissent, mais surtout c'est plus secure que le scooter avec la circulation locale dense et un peu aléatoire.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

La côte Est, la côte au vent, est principalement sableuse mais protégée par une barrière de corail et si les hôtels, résidences, restaurants occupent une bonne partie du front de mer, de nombreuses plages publiques sont accessibles.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Nous y ressentons une certaine appréhension car nous repérons de nombreuses physalies, sorte de méduse appelées aussi ''caravelles portugaises'' échouées sur la plage avec leur espèce de voile gonflée. Je les sais très urticantes et un peu plus tard, nous verrons des secouristes évacuer un touriste souffrant le martyr : méfiance lors des baignades !

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Au sud de l'île et sur la côte Ouest, le paysage change et des petites falaises coralliennes ont remplacé les plages.

Des attractions gentillettes sont bien indiquées, mises en valeur et bien exploitées, l'économie de l'île est liée à la manne touristique. Faute de houle ce jour la nous ne verrons pas le geyser marin du sud de l'île, par contre nous nous sommes beaucoup amusés à la ''picineta'' une sorte de piscine naturelle dans la roche corallienne où les poissons viennent manger dans la main des baigneurs. Vu d'en haut le spectacle des nombreux poissons se précipitant sur les miettes de pain est distrayant mais pas autant que les touristes nageuses en string qui les nourrissent et les regardent.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Un autre jour, nous irons mouiller Inoui prés d'un îlot entouré d'une eau turquoise splendide et peu profonde : c'est une destination touristique prisée. Les lanchas et autres gros transports y déversent leurs passagers qui vont admirer les poissons sur des bancs de sable blanc ou s'alcooliser aux nombreuses ''cocktelerias''.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Là encore le spectacle est dans l'eau mais surtout hors de l'eau. Nous sommes au début de la Semaine Sainte, semaine de vacances et les familles colombiennes souvent hautes en couleurs sont venues nombreuses à Providencia.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Nous apprécions l'animation de la ville de San Andres, sa foule, ses rues commerçantes mais surtout le remblai piétonnier le long de la plage que nous parcourons régulièrement, une belle réussite d'aménagement.

Mercredi 1er avril : la météo n'est pas trop défavorable pour nous rendre à Providencia, distante de 55 miles au Nord. Encore du près serré, un vent parfois faible qui nous oblige à nous appuyer au moteur. Ce n'est pas une navigation très plaisante mais à 17 h nous mouillons dans la rade de Providencia en face du restaurant d'Olivier et Amparo avec lesquels nous avions sympathisé lors de notre passage en novembre et avec lesquels nous passerons la soirée.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Dés le lendemain, avant le réveil des autorités, nous déradons et allons mouiller à Low Cay, à 10 miles au Nord de Providencia, pour une journée baignade et chasse.

Comme son nom l'indique, la caye, qui supporte une tourelle phare, est basse, petite et offre un abri sommaire, donc le mouillage est un peu rouleur, mais les coraux y sont magnifiques et poissonneux, bonne chasse pour moi. Nous sommes rejoints par 2 autres bateaux français qui viennent discuter à bord et la soirée se passera tous ensemble à raconter nos aventures nautiques dans une ambiance des plus sympathiques.

Vendredi : après une dernière séance de snorkeling sur une caye recommandée par nos amis, nous faisons route vers Vivorillo à 180 miles au Nord-Ouest. Enfin un peu d'ouest dans la route et de plus les vents sont orientés moins Nord, c'est donc au largue qu'Inoui taille la route à 8-9 nœuds, sous voilure un peu réduite : voici de nouveau des conditions de navigation plaisantes. Pour une fois nous n'avons pas déradé à l'aube, car avec ce vent Inoui doit parcourir la distance en moins de 24 h, inutile de risquer une arrivée de nuit.

Nous ne verrons aucun pêcheur, (ami ou pirate) confirmant une superstition latino américaine : le Vendredi Saint, on mange du poisson mais on ne pêche pas !

La nuit, nous zigzaguons un peu entre les Cayes au large du Cabo Gracia a Dios, cayes dont la position sur les cartes est légèrement fausse, mais j'ai mes traces du passage aller, c'est la pleine lune et la veille est attentive. Donc sans encombre, après un peu plus de 21h de navigation, Inoui est mouillé à Cayo Vivorillo, derrière la barrière de corail, par 2 m de fonds. Nous nous accordons 48 h de vacances.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Lecture, bains, chasse pour moi (1 belle langouste, 2 gros crabes et quelques poissons...), promenades sur les plages des différentes cayes ou îlots, nous occupent.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Le moment fort fut le débarquement sur la plage de la caye du Nord, recouverte d'oiseaux en période d'amour et de nidification. Nous sommes survolés en permanence par des dizaines d'oiseaux, frégates et fous principalement. Les jeunes sont mignonnets, avec un duvet tout blanc et marchant gauchement, mais le plus spectaculaire est la poche pectorale rouge gonflée de la frégate mâle en parade amoureuse.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Lundi : par un vent d'Est modéré, nous quittons Vivorillo pour les îles du Honduras, Guanaja, la plus proche, pour être précis. La distance est modeste, 150 miles, mais c'est encore une nuit en mer, à veiller par alternance, ce n'est pas ce que nous préférons en navigation. C'est une allure quasi vent arrière, nous tirons des bords de grand largue et je choisis de tirer le premier bord côté large, sur des fonds trop profonds pour intéresser les pêcheurs. Nous ne croiserons personne et au petit matin nous mouillons devant le village de Guanaja. Nous descendons à terre avec 2 objectifs : la clearance d'entrée du bateau et une carte SIM Hondurienne avec un plan Internet. Nous attendrons vainement les autorités une partie de la matinée, mais côté 3G c'est une réussite, Internet est assuré à bord pendant notre séjour dans ces îles.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

En début d'après midi, nos fonctionnaires reviennent à leurs postes et en quelques dizaines de minutes, nous délivrent toutes les autorisations nécessaires et gratuitement : cela nous change des destinations précédentes.

Après une nuit réparatrice, nous glissons doucement vers l'île suivante Roatan (30 miles) et nous mouillons à French Harbour, où nous avons nos habitudes. A droite se trouve une réserve marine pleine de langoustes et poissons que je chasse avec l'appareil photo, et au fond à gauche le dinghy dock du Yacht Club, proche d'un vaste supermarché bien achalandé, intéressant, car les dernières courses remontent à San Andres, il y a une dizaine de jours.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Et non loin de nous, se trouvent nos amis Sylvie et Christian que nous croisons régulièrement depuis la Colombie et qui ont embarqué sur le cata '' Pénélope'' , un de nos voisins pendant l'hivernage précédent. Daniel, le skipper de Pénélope est un grand connaisseur des ressources locales et nous fait découvrir un bar fort sympathique où nous passons une excellente soirée à tchatcher...

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Jeudi : par un bon vent d'Est et après 30 miles dans une mer creuse dont Inoui se gausse, nous atteignons la dernière des îles du Honduras, Utila. Nous avons parcouru 700 miles depuis notre départ du Panama et nous ne sommes plus qu'à une centaine de miles du Rio Dulce au Guatemala, notre destination finale : nous nous accordons encore 2 jours de vacances.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Nous en profitons pour visiter cette petite île, joliment aménagée pour l'accueil des touristes, avec de belles plages publiques et de nombreux centres de plongée, car les eaux y sont limpides et riches en coraux. La plupart de nos destinations de promenade sont atteintes à pieds mais pour des objectifs plus distaux nous louons des vélos, ce qui nous permet de constater que l'île, bien que peu élevée, est loin d'être plate.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

La plupart des maisons sont décorées avec goût, souvent dans un style baba cool, certaines demeures sont bien fleuries ; la population locale est souriante et les touristes plutôt jeunes et sportifs. Certaines zones excentrées mais en bord de mer ont des constructions plus récentes, cossues ; des investisseurs étrangers sont tombés sous le charme de cette belle île.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Dimanche 12 avril : au lever du jour nous déradons en direction du Guatemala, 105 miles plein Ouest. Le vent est de Sud-Est un peu faible mais sous voilure de route Inoui se déhale à 5-6 nœuds. Ces conditions de demoiselles durent toute la matinée puis après midi le vent vire au Nord-Est en fraîchissant un vingtaine de nœuds. Inoui allonge sa foulée à 8-9 nœuds, part en surf sur les vagues, s'amuse et nous fait plaisir pour cette dernière traversée de la saison. Vers 21h 30 il fait nuit noire mais nous commençons à contourner le cabo Tres Puntas en nous aidant des lignes de sondes, et nous mouillons peu après à l'abri de la côte devant le village éponyme.

Première nuit de 2015 au Guatemala, suivie du dernier bain de mer, ensuite nous allons mouiller à Livingston pour les formalités d'entrée, c'est quasi la routine, nous avons effectué ces mêmes démarches, ici, l'an dernier.

De San Andres (Colombie) au Rio Dulce (Guatemala)

Nous remontons le Rio Dulce dont le passage dans les gorges est toujours aussi magique, jusqu'à notre marina d'hivernage ''Nanajuana'', afin de sortir le catamaran de l'eau et effectuer les travaux d'entretien et si les retards ne s'accumulent pas, nous irons faire un peu de tourisme, mais cela est une autre histoire.

Un passager clandestin....

Un passager clandestin....

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