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Le blog du catamaran inoui

Bocas del Toro, Panama

7 Avril 2015 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

Dimanche 15 mars : après être allés admirer les souvenirs de la fête des Diablos, en particulier les rues jonchées de détritus divers surtout emballages alimentaires, nous quittons Portobelo vers 13 h en direction de Bocas del Toro, distant de 150 miles, cap à l'Ouest. Le vent est de NE, 25 nœuds et sous trinquette et un ris Inoui file à 9 nœuds de moyenne, la mer est un peu creuse, 3m, mais de l'arrière, donc Inoui part régulièrement en surf : des conditions de navigation comme nous aimons.

A la tombée de la nuit, un deuxième ris est pris pour augmenter le confort du dormeur et de plus comme la passe visée n'est pas éclairée, il est inutile d'arriver avant le lever du jour,

Cela ne risquait pas de nous arriver, car en fin de nuit, le vent tombe alors que nous nous trouvons à une vingtaine de miles de la passe de Bocas et nous finissons au moteur, à 5 nœuds.

Bien que non balisée, la passe de Bocas del Toro est large, assez profonde et le houle qui déferle sur les hauts-fonds et les rend facilement repérables. Au loin, les montagnes dont le volcan Baru où nous nous trouvions la semaine passée, nous saluent. Vers 11h nous mouillons seuls devant le village de Bastimento, puis un peu plus tard en compagnie des autres plaisanciers devant la ville de Bocas.

Bocas del Toro, Panama

Mardi : nous descendons visiter la ville et sommes agréablement surpris par le dynamisme et l'animation rencontrée. C'est une station balnéaire active, avec magasins, restaurants, hôtels, tours opérateurs, supermarchés, cela grouille de touristes et de Panaméens en activité... Cela nous change d'autres petites villes du Panama, et le dynamisme de la cité se voit aussi à de nombreuses constructions ou rénovations en cours. Il y a un petit aéroport qui reçoit des vols de Ciudad de Panama et même quelques vols internationaux.

En rade, nous verrons régulièrement des paquebots de croisière.

Bocas del Toro, Panama

Après ce bain de foule, nous partons mouiller devant la plage de las Estrellas, ainsi nommée car de grosses étoiles de mer, y sont très visibles dans 50 cm d'eau limpide. C'est une des attractions de la zone et de nombreuses lanchas déversent des touristes. L'ambiance est gentillette avec petites cases, bars et restaurants sur la plage, chaises longues, musique, tout pour les besoins du vacancier. Un autre intérêt de cette plage située au Nord de l'Isla Colon, proche de la Boca del Dragon, l'entrée principale de la lagune d'Almirante, est qu'elle est la seule plage côté lagune et elle ne subit pas la houle océanique.

Bocas del Toro, Panama

Les jours suivants, nous naviguons dans la baie d'Almirante à la découverte des nombreux mouillages et passages étroits qui permettent de la relier aux différentes lagunes secondaires. La multitude des îlots et des canaux fait penser au Golfe du Morbihan, mais avec des îlots recouverts de mangroves. Les mouillages sont tellement calmes, sans le moindre clapot que j'en profite pour monter au mat afin de réviser le capteur de la girouette-anémomètre, un peu grippé. La vue est imprenable sur le labyrinthe de canaux.

Bocas del Toro, Panama

Nous quittons temporairement la baie de l'Almirante pour celle de Chiriqui moins fréquentée et au passage, nous mouillons sous les îles Zapatira, inhabitées, superbes avec plage de sable blanc, eau cristalline et jolis coraux, et destination de nombreuses lanchas qui débarquent un flot de touristes.. Après notre bain-promenade, nous déradons rapidement car elles sont situées dans un ''parc'', donc tentative de racket de 10 $ par jour et par personne et nous allons mouiller sous la pointe Bluefields devant un village Ngöbe-Buglé.

A peine arrivés, commence le défilé des canoës, très jolis, taillés dans des troncs d'arbre, avec des visiteurs et quémandeurs : un qui vient chercher un médicament, un autre vendre des fruits mais certains sont vraiment insistants dans leurs demandes. Ils sont gentils mais nous ne sommes toujours pas à l'aise dans ce genre de situation.

Bocas del Toro, Panama

Le lendemain matin ce sont les écoliers qui rejoignent l'école en canoë, de tous les hameaux de la baie ; ils font un détour par Inoui pour demander des caramelos.

Bocas del Toro, Panama

Bientôt suivis d’employés de la Comarca Ngöbe-Buglé qui après avoir conduit leurs enfants à l'école, viennent percevoir les taxes de séjour, raisonnables : 5 $ par jour et par bateau.

Bocas del Toro, Panama

Nous partons visiter le village, les maisons sont des cases sur pilotis avec toit de feuille de palmier, des femmes pêchent au filet le long de la plage. Bien que nous soyons dans la Comarca Ngöbe-Buglé, les indiens ne portent pas les vêtements traditionnels comme nous en avions vu dans le Chiriqui.

Bocas del Toro, Panama

Quant aux enfants, comme tous les écoliers panaméens, ils sont en uniforme et lorsque nous passons devant l'école à l'heure de la récré, nous sommes l'attraction.Nous avions un projet précis de randonnée à terre mais nous nous perdons en route et ratons notre objectif, la plage face à l'océan, la promenade fut agréable en bord de baie, mais nous étions un peu frustrés de notre échec.

Bocas del Toro, Panama

Lorsque nous quittons la baie, nous faisons un crochet avec Inoui, pour voir la plage que nous avons loupé. Deux miles au large se trouve un îlot rocheux désert et comme la mer est calme nous y mouillons avec des velléités de chasse sous-marine pour moi. Un indien est déjà sur zone avec son petit canoë et pêche en apnée, je n'interfère pas et j'ai eu raison.

Peu de temps après, notre indien vient nous voir et nous propose des langoustes. Devant notre assentiment, il dépose sur la plage arrière d'Inoui, 3 grosses langoustes et en demande 12 $ le lot : accepté sans négociation, nous lui offrons aussi de l'eau et il repart heureux. Nous pèserons les langoustes plus tard : 3,5 kg, environ 3 € le kg. Maintenant ce n'est pas tout, il va falloir les manger, mais au bout de 3 jours, midi et soir, nous en venons à bout, un peu saturés quand même.

Bocas del Toro, Panama

Les agences de Bocas, proposaient aux touristes du snorkeling sur des superbes coraux, mais je n'avais pas la destination précise. Nous cherchons le spot précis en vain, quand en milieu de matinée, nous voyons arriver plusieurs lanchas qui déversent leurs nageurs à l'ouest de Crawl Cay. Nous plongeons non loin d'eux et nous pouvons admirer des coraux aux couleurs et formes très variées, cela valait le déplacement.

Bocas del Toro, Panama

Nous revenons dans la baie de l'Almirante et allons mouiller près de la marina Red Frog Beach, espérant pouvoir atteindre une plage océane et voir les fameuses grenouilles rouges.

Côté plages nous en verrons de belles, parfois dangereuses avec des rouleaux et des courants type ''baïne'', mais pas de grenouilles car en fait elles sont grosses comme un ongle et cachées dans les sous bois.

Bocas del Toro, Panama

Lors d'une promenade, un guide improvisé (un travailleur dont le patron avait le dos tourné...) nous emmène voir une curiosité locale : Polo, un solitaire de 71 ans qui vit depuis 56 ans dans une case au bord d'une petite plage qu'il s'est approprié. Il survit en vendant des boissons (alcoolisées) aux rares touristes de passage. Nous avons vite sympathisé.

Bocas del Toro, Panama

Notre guide retourne vite à son lieu de travail, car son patron ne va pas tarder à repasser et doit le voir à son poste, mais il promet à des touristes filles de les rejoindre pour le bain...

Nous surveillons la météo, car le retour vers le Guatemala est imminent et il ne faudrait pas se trouver coincés dans ce fond de golfe par un fort vent de Nord et une grosse houle, phénomènes assez fréquents dans la région. Finalement le mardi 24, les conditions semblent les moins mauvaises de la période et le lundi nous retournons à Bocas et entamons les démarches de sortie du Panama.

Si le capitaine du port est correct et nous délivre le ''Zarpe'' de sortie au tarif officiel (5$) les officiers d'immigration et des douanes exigent des bakchichs pour leurs tampons et papiers. Marie-Noëlle explose dans le bureau des douanes dont l'officier réduit vite ses ambitions, nous y laisserons quand même 20 $.

Cela nous a gâché notre dernière journée dans cette région et nous laisse un goût amer devant le déséquilibre entre le pêcheur indien qui nous vend 12 $ ses 3 langoustes, fruit d'un travail pénible, et ces fonctionnaires, déjà rémunérés qui s'engraissent sur le dos des touristes en abusant de leurs pouvoirs !

Mardi 24 mars : dès l'aube, par un vent faible et une houle inexistante, nous nous dirigeons vers l'île de San Andres, distante de 200 miles, mais cela est une autre histoire.

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