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Le blog du catamaran inoui

Les San Blas, 2éme partie : Gunas et touristes

22 Mars 2015 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

Du jeudi 12 au vendredi 20 février : c'est avec un petit pincement au cœur que nous quittons la zone sans touriste, tant nos contacts avec les Gunas avaient été enrichissants. Nous savions que nous allions vers des rapports plutôt de type commerciaux dans le triangle Porvenir, Hollandes, Nargana, où sont concentrés les plaisanciers.

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Au fait pourquoi sont ils tous ici ? qu'y a-t-il d'extraordinaire ?

Certes, il y a des centaines d'îles ou îlots de sable blanc recouverts de cocotiers, îlots la plupart inhabités, avec des mouillages parfaits, car de longues barrières coralliennes arrêtent la houle, on rajoute de l'eau cristalline à 28 °C, des récifs et des spots de snorkeling pleins de poissons et coraux, il n'y a pas une industrie à 100 km, pas un complexe hôtelier, air pur, eau pure, très peu de pluie : cela vaut-il la peine de renoncer à une ville de France, un jour de brouillard hivernal avec un pic de pollution.....

Bon, je plaisante, c'est un univers différent de la zone précédente mais agréable quand même et que nous parcourons avec plaisir à la recherche de jolis coins à faire découvrir aux enfants qui arrivent sous peu..

Ceci au rythme de trois mouillages par jour, un dans la matinée et un dans l'après-midi avec au programme promenade sur la plage et surtout snorkeling. Certains spots sont intéressants avec des fonds variés, colorés et habités de nombreux poissons qui parfois viennent jouer avec Inoui. D'autres endroits s'avèrent un peu monotone avec sable et herbier. Et le soir nous privilégions une île pour la qualité de son abri.

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

C'est ainsi qu'un soir, à Cambombia, nous avons retrouvé au mouillage, un couple connu, en compagnie d'autres bateaux de leurs connaissances. Sièges et parasols sur la plage, pétanque et apéro le soir, pas de projet visite ni de grande navigation envisagée : le plaisir de se la couler douce dans ce paradis tropical... Depuis plus d'un mois, nos copains n'étaient pas sortis d'un cercle d'une dizaine de miles autour de leur camp de base ! Certains navigateurs revenaient ici depuis plusieurs années, c'était un peu l'ambiance « les flots bleus » du film Camping. Des Gunas les ravitaillent en vivres variées, d'autres leurs vendent des produits de la pêche, pourquoi se bouger plus ?

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Nous tenions également à visiter Islas Carti, îles où vont des paquebots de croisière et îles proches de la route venant de Panama City et de l'aéroport et donc assez fréquentées ...

Nous nous attendions à des îles clean avec boutiques pour touristes, ce furent les îles les moins propres et les plus confuses que nous ayons visitées, le fouillis étant lié en partie au surpeuplement réduisant les ruelles à l'espace minimum, ruelles très étroites et sinueuses. Il y a bien un musée Guna, c'est en fait une case avec quelques photos, textes, drapeaux et molas et le tarif seulement visible à la sortie : 5$ par personne, Nous avons éclaté de rire et en plaisantant nous en avons donné 2 par personne aux gardiennes qui nous ont remercié chaudement : joueurs ces Gunas à touriste !

Le mouillage de Carti étant un peu rouleur, nous allons passer la nuit à quelques miles sous une petite île, Acuadup, bercés le soir par une agréable musique. L'île semble jolie vue du bateau, nous y descendons le lendemain matin. C'est une petite communauté d'environ 120 âmes, assez traditionnelle avec de jolis vêtements féminins, et sur une placette, des Gunas jouent de la flûte et dansent. Nous avons pu assister ainsi à une répétition du groupe de l'île, environ 24 musiciens-danseurs. Les garçons jouent de la flûte de pan ou une flûte à un son qu'il font sonner à tour de rôle pour obtenir une mélodie, les filles rythment avec une maracas et chaque morceau est dansé par les musiciens : 6 garçons et 6 filles.

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Nous avons sympathisé avec Johnny, un jeune Guna, qui nous commente les danses et veut bien se laisser photographier, les autres demandent un dollar par personne : 12 dollars pour le groupe en danse. Nous nous contenterons de garder le souvenir dans nos têtes.

Au large d'Islas Carti, c'est le domaine des touristes sans bateau. Chaque jour, les taxis 4X4 Gunas apportent de la capitale environ 350 touristes et le week-end de nombreux Panaméens empruntent la piste qui conduit aux San Blas à travers les collines du Darien. Ils sont ensuite pris en charge par des lanchas Gunas et conduits dans les îles avoisinantes. Ces îles sans communauté Guna implantée ont été équipées de huttes à toit de palme, on y voit parfois une maison à un étage, des tentes... Souvent l'île ne mesure que quelques dizaines d'ares avec une demi douzaine de cases, tout cela reste modeste, aucun groupe hôtelier n'a investi malgré le potentiel du site. En effet, les lois de la Comarca Guna Yala interdisent à tout non-Guna d'être propriétaire foncier. Quant aux touristes ils auront au programme : repos, baignade, soleil, tranquillité absolue

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Samedi 21 : il est temps de revenir dans une zone plus simple du point de vue logistique pour l'accueil des enfants, alors nous faisons route vers Puerto Lindo, par un bon vent de Nord-Est, au largue, tout dessus. Inoui, file à 9 nœuds, part parfois en surf sur les vagues, un joli moment de navigation. Les 45 miles sont parcourus en un plus de 5 heures, l'entrée de la passe sous Isla Grande est spectaculaire avec le houle qui brise sur les hauts fonds. Un des problèmes de ce secteur est la forte houle due à la survente de la côte Colombienne dont nous ne sommes pas très éloignée et qui nous fait bénéficier de 3 à 4 m de creux en moyenne.

Les jours suivants nous enchaînons les lessives, pleins d'eau, ravitaillement au supermarché (rappel : qui se trouve à 1h30 de bus) et le 24, nous sommes prêts pour recevoir dignement notre fils Emmanuel et nos deux petites filles.

Je vais les accueillir à l'aéroport. De celui-ci à la marina où nous nous trouvons, il y a moins de 70 km à vol d'oiseau, 160 par la route, quasi 5 h de bus pour moi à l'aller et un peu plus de 2 heures de taxi au retour. Pas simple la logistique dans cette partie du Panama.

A peine arrivées au bateau, les petites sont dans l'eau, l'activité principale du bord va s'imposer : baignade !

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Mercredi 25 : la météo est gentille avec nous, la houle s'est calmée, à peine 2m et un vent de Nord modéré nous permet de rejoindre les San Blas, sans difficulté. En début d'après midi, nous mouillons au Sud de Chichime et aussitôt les petites ploufent !

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Du jeudi 26 février au lundi 2 mars : nous nous déplaçons dans l'archipel et visitons de nombreux mouillages : baignades, marches sur les plages à la recherche de coquillages, un peu de chasse sous-marine pour Emmanuel et moi, vont occuper une bonne partie de nos journées. Les petites sont vives, cela secoue notre routine de ch'ti vieux, mais c'est avec plaisir. Dans les temps morts nous enchaînons les lectures et les parties de cartes.

Nous ramenons quelques poissons ou langoustes de nos parties de pêche, mais surtout nous achetons des fruits de mer aux Gunas, qui à la fin de leurs journées de pêche, font la tournée des bateaux aux mouillages : à nous les belles langoustes, les gros crabes et les jolis poissons.

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Le samedi soir, dans le cadre des fêtes de la Révolution Guna, un concert est donné sur la place de l'île de Corazon de Jesu. Des groupes se succèdent, du rock panaméen mais aussi un groupe avec flûte de Pan et guitare, notre préféré.

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Les petites se sont assises sur un banc, aussitôt rejointes par 2 fillettes Gunas, elles joueront toutes les quatre et converseront toute la soirée ; en quelle langue ? Sans doute celle des enfants joyeux : universelle !

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Les petites se plaisent au contact des Gunas, et lorsque une vieille dame Guna montera à bord pour leurs nouer des bracelets, elles en seront ravies.

Mardi 3 mars : après le bain du matin, c'est le retour vers Panamarina, la météo est moins clémente qu'à l'aller, mais le vent et les vagues nous poussent, Inoui reste confortable dans ces conditions. Seule la passe d'entrée à la marina nous stresse un peu avec les 4 m de creux au large ; finalement les déferlantes sur les bords sont impressionnantes mais le passage est clair.

Pour les jours suivants nous louons une voiture et le loueur le plus proche est à Colon : bus de 6h du matin devant la marina, un taxi à Colon et 2h30 plus tard, je suis chez le loueur. Une performance, car quand je restituerai cette voiture, les horaires des bus étant moins favorables il me faudra 5h pour effectuer ce trajet en sens inverse...

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Nous allons visiter Portobelo, les écluses de Gatun, le New Washington Hôtel à Colon et le lendemain nous enchaînerons avec la visite de Ciudad de Panama.

Les San Blas, 2éme partie :  Gunas et touristes

Vendredi 6 mars : nous conduisons notre petite famille à l'aéroport : ils ont pris des couleurs, sont ravis de ce terrain de jeux que sont les San Blas et nous, nous sommes heureux de transmettre un peu de notre passion du bateau à nos petites filles.

Nous allons profiter de la voiture de location pour visiter d'autres provinces du Panama, mais cela est une autre histoire.

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