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Le blog du catamaran inoui

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

20 Janvier 2014 , Rédigé par cata-inoui.over-blog.com

Vendredi 10 janvier, nous voici de retour à Santa Marta où Inoui nous attendait, tirant sur ses amarres. Les copains retrouvés nous précisent que le vent souffle très fort depuis quelques jours surtout la nuit. Mais pas de dégât sur notre bateau, si ce n'est la rupture de la drisse de pavillon.

Les jours suivants, malgré nos santé et vigueur juvéniles, nous sommes bien affectés par le voyage, le décalage horaire, l'adaptation aux températures élevées et le vent ; bref, nous sommes dans un état semi larvaire. Et la nuit la récupération n'est pas optimale, des rafales de plus de 40 nœuds secouent le bateau, ce n'est pas dangereux vu son amarrage mais inconfortable.

Nous effectuons quand même quelques bricolages dont une petite ascension pour repasser la drisse de pavillon (élément indispensable en pays étranger pour le pavillon de courtoisie), l'amélioration des obstructions de hublots et l'inspection de la carène en apnée question de grattouiller quelques berniques ; l'eau du port est assez propre, comme celle des plages avoisinantes, quelques passes dans la digue laissent l'eau circuler et à peine une dizaine de bateaux sont habités....

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

Une propriétaire de restaurant de Santa Marta (bon OK, ce n'est pas la Tour d'Argent, c'est Radio Burger) a flashé sur Inoui et nous a demandé si des photos de notre élégant vaisseau pouvaient servir de décorations pour un des murs du resto.
Elle est donc venue samedi avec un photographe, un aide avec grand miroir pour éclairer le sujet et une adorable chica en maillot de bain, qui a posé avec un hamburger à la main. La séance photo a duré plus d'une heure, dans une ambiance sympa, avec discussions entre les poses. Nous sommes invités au resto, nous irons dans une semaine quand les photos seront en place. Nous sommes fiers à l'idée que notre vieux gréement de 30 ans (la mise à l'eau date de décembre 1983) puisse encore séduire !

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

Parallèlement nous préparons notre deuxième excursion en Colombie, objectifs : Cartagena et Mompox. Les hôtels sont réservés mais je ne trouve pas de renseignements précis sur les horaires de bus. Je pourrais aller à la gare routière, située à une vingtaine de minutes en bus, mais l'état larvaire l'emporte, on verra bien sur place demain !.

Lundi 13 : lever cool vers 6 h et préparation tranquille sans stress horaire. Un taxi nous prend dès la sortie de la marina et sitôt arrivés à la gare routière, nous sommes dirigés vers un guichet. Cinq minutes plus tard, le bus pour Cartagena démarre, complet : on voit ici l'importance d'une logistique rigoureuse !

Quatre heures plus tard, arrivés à la gare routière de Cartagena, je me renseigne sur les bus pour Mompox, nous n'aurons pas toujours la même chance, surtout que nous découvrons qu'il n'y en a qu'un par jour : nous réservons nos places.

Notre hôtel, situé dans le quartier de Getsemani est à 5 minutes à pieds du centre historique, c'est son principal avantage : la chambre ne dépasse pas les 6 m², salle de bain comprise, le ménage laisse à désirer, le client le plus âgé après nous, n'a pas 25 ans. Ils sont gentils ces jeunes routards avec sac à dos, mais bruyants le soir, de plus notre chambre avec une ouverture sur l'extérieur type moucharabié donne sur un bar de nuit : musique jusqu'à 2 heures du matin.

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

Nous arpentons le centre historique de Cartegena de Indias (un joli nom !) en tous sens et à différentes heures, admirant les remparts, les églises, les places ombragées et parfois animées et les vieilles demeures coloniales. Ce sont surtout elles qui retiennent notre attention avec leur porche en pierre corallienne taillée et leur balcon avec balustre en bois sculpté,.

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

L'ensemble est très joli, classé au patrimoine mondial, riche de son passé, mais un peu artificiel avec par exemple des promenades en calèches, et assez racoleur, comme dans beaucoup de zones touristiques. Nous sommes devenus difficiles : il y a trop de touristes gringos, de vendeurs harceleurs, de boutiques de luxe et pas assez de vrais habitants à notre goût.

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

La visite de l'immense forteresse San Felipe de Barajas, à l'extérieur de la vieille ville nous a séduits : de plus, le commentaire de l'audio-guide la replaçait bien dans son rôle protecteur et dans l'histoire de la Cité et la visite des installations souterraines, originale.

Finalement côté ambiance, nous avons préféré le quartier de Getsemani où se trouvent la plupart des hôtels pour routards, en couples ou en groupes, de filles surtout ; l'animation est agréable le soir dans les bars et restaurants. Et un peu à l'écart de la zone touristique, nous avons découvert une place avec son église et des familles sur les pas de porte et dans les rues, notre vision préférée de la Colombie....

Évidemment, nous rendons visite au Club Nautico, sa marina et son mouillage essayant de repérer un bateau connu. Le site du club est superbe, installé dans un ancien bastion bien restauré. L'animation du moment y est assurée par des écoles de danses modernes qui viennent s'entrainer sur les remparts et la place d'arme... Mais l'arrière plan est dominé par de hauts immeubles modernes, car en dehors des zones historiques, le béton se porte bien !

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

Jeudi 16 : Santa Cruz de Mompox, plus connu sous le nom de Mompox est un gros bourg situé sur une île du rio Magdalena, au milieu d'une zone de plaines marécageuses, ce qui l'a gardé en dehors des axes routiers. Bien que distant de 200 km de Cartagena, il nous a fallu 7 h 45 de voyage depuis cette ville, en bus direct, pour y parvenir. Le voyage fut coupé par l'emprunt d'un ferry folklorique antédiluvien mais bondé. Nous avons ainsi navigué sur le rio Magdalena, bref, Mompox se mérite !

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

C'était une ville majeure au temps des Colonies, le Magdalena étant la principale voie de communication entre la côte Caraïbe et l'intérieur, Mompox était un point de passage et de stockage (car à l'abri des attaques pirates) de l'or du Pérou et du centre de la Colombie.

Les habitants ont construit de belles demeures et de nombreuses églises, n'ayant pas besoin de se ruiner en fortifications.

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

Mais le bras du rio Magdalena longeant Mompox s'est en partie obstrué vers le milieu du 19éme siècle, empêchant la navigation, et le temps s'est arrêté dans cette ville.

Alors pendant 2 jours nous parcourons des rues endormies, admirant les belle maisons coloniales aux superbes grilles de fer forgé et visitant les églises, nous y asseyant le temps d'un office accompagné de musique et chants de qualité, orchestrés de façon moderne.

L'ambiance est reposante et la ville est belle, classée elle aussi au Patrimoine Mondial, nous y croisons cependant quelques dizaines de touristes mais à peine 10 gringos (ce sont toujours les vacances scolaires en Colombie),

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

La circulation est dense dans le centre ville, avec des motos, des scooters, des vélos et des motos taxis avec remorque, mais très peu de voitures.

Les locaux sont d'une agilité (et insouciance) surprenante, maniant leurs engins à 2 roues au sein du flux parfois confus, sans casque évidemment. La famille est souvent au complet sur la moto, un enfant assis sur le réservoir, un autre coincé entre les parents, l'homme ou la femme aux commandes. La passagère est souvent assise en amazone, les charges sont portés dans les bras du passager, parfois assis à l'envers si la charge est trop volumineuse ; impressionnant également le transport d'une longue échelle, surtout dans les virages. Deux par vélo ne sont pas l'exception, nous avons vu un père pédalant, un bébé dans un bras et un autre enfant sur le porte bagages...

Le soir les familles sortent, déambulent paisiblement et consomment dans les guinguettes installées sur les places et dans les rues du centre ville.

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

Pour manger le soir, nous sélectionnons les BBQ de la place Santo Domingo, dont l'église, portes grandes ouvertes, retentit pendant une bonne heure de musique et chants de messe. Mais dés la fin de l'office, les sonos des restos relâchent leur centaine de décibels, l'ambiance devient moins sereine.

Notre hôtel, la Casa Amarilla (très bon choix), est au bord du rio Magdalena, on peut voir l'eau défiler avec les touffes de jacinthe à travers un rideau d'arbres séculaires, comme ils disent dans les livres. Le patron, Richard, un journaliste londonnien, se passionne pour sa ville d'adoption, c'est lui qui a écrit le chapitre Mompox dans le Guide Vert et il nous prodigue de bons conseils pour les visites.

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

Entre autres, une visite d'atelier de bijoux de Mompox, les '' filigranes ''. La fabrication est quasi médiévale, la barre d'argent est effilée à l'aide de machines manuelles, jusqu'à obtention de fils très fins que les artisans assemblent en bijoux aux dessins variés. Marie-Noëlle craque pour des boucles d'oreilles. Au temps des conquistadors, les artisans travaillaient l'or, ils ont gardé leur savoir faire avec l'argent, un métal plus accessible de nos jours.

Samedi 18 janvier : seuls deux petits bus (buseta), permettent d'aller à Santa Marta, , l'un à 3h du matin, l'autre à 9 h... je vous laisse deviner notre option. C'est une formule nouvelle pour nous, formule dite ''de puerta a puerta'',, le buseta vient chercher ses passagers à leurs domiciles et les dépose idem. Le départ est prévu à 9 h, avec une durée annoncée de 6 h, je tablais donc pour une arrivée au bateau vers 15-16 h, mais ce fut l"aventure !

D'abord, le buseta est passé vers 11h15, puis est allé ramasser quelques autres passagers dans des villages avec une adresse floue (le nom ; dans une maison près du cimetière), nous sommes ravis, nous découvrons la Colombie rurale profonde : les vaches et les cochons dans les rues, les toits de feuilles de palmiers, les murs en torchis... Puis après le passage d'un bac pour traverser le rio Magdalena et une heure de piste défoncée nous voici à Santa Ana, un gros bourg.

Certes grâce aux nids de poule, ornières, dos d'âne et autres ralentisseurs naturels, nous avons le temps d'admirer le paysage et les vastes troupeaux de bovins, mais nous sommes contents de retrouver une route bitumée. A Santa Ana nous changeons de buseta. Après de longues discussions sur les passagers à emmener (les trajets courts ne sont pas les bienvenus), nous repartons sur du bitume confortable. Enfin, pendant 5 km car c'est reparti pour de la piste, globalement en bon état. 1h30 plus tard, nous retrouvons l'asphalte, puis le grand axe Bogota - Santa Marta, enfin, les km défilent !

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

Nouvel arrêt : les fumées d'un incendie de prairie en bord de route ont provoqué un grave accident, la route est bloquée, entrainant un embouteillage monstre !
La police fait dégager les véhicules manœuvrants dont notre buseta, qui doit reculer d'1 km avant de se replacer dans la file. Ceci dans le but de dégager de l'espace pour éloigner les camions citernes remplis de carurants, de l'incendie qui s'étend...

Les spéculations vont bon train entre chauffeurs : trouver une autre route, ce seraient des heures de détour ou rester sur place, mais pendant combien de temps ???... Finalement, après 2 heures d'attente, la circulation reprend avec passage alterné au niveau des épaves.
Arrivée à Santa Marta vers 20h, le chauffeur dispatche ses passagers dans des taxis selon leurs destinations dans la ville, mais notre taxi ne démarre pas, notre co-passager a un gros problème : lors du transfert à Santa Ana, sa valise n'a pas suivi !.Après discussions et vains appels téléphoniques, il monte enfin dans le taxi, très en colère ! Il est 20 h 30 lorsque nous arrivons à la marina ! Les magasins sont fermés, mais nous avons profité des paysages et d'une bonne tranche de vie colombienne et les spaghettis sauce tomate sont joyeusement avalés.

Photo incendie embouteillage

Nous étudions les fichiers Grib depuis plusieurs jours et un créneau de vents modérés semble se confirmer pour mercredi, ce qui nous permettrait de traverser la zone de survente locale sans rencontrer une mer trop dure.

Cartagena de Indias et Mompox (Colombie)

La machine à préparer la traversée se met donc en marche : les pleins d'eau et gasoil, les dernières lessives, l'avitaillement, le nettoyage de la carène et les formalités de sortie en compagnie de Dino notre ship agent qui est devenu un ami....
Mercredi 22 janvier : ce sera cap sur la Jamaïque mais cela est une autre histoire !

Plus de photos sur Picasa en cliquant ici :

La Chica posant sur Inoui pour une pub.

La Chica posant sur Inoui pour une pub.

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Thom 23/02/2016 01:41

Salut.
Merci pour cet article.
Te rappelles tu à quelle heure partait le bus de Carta à Monpos?
Et tu dis plusieurs fois gringos.
De qui parles tu en fait?

cata-inoui.over-blog.com 23/02/2016 23:19

Pas de souvenir précis de l'horaire du bus, ce devait être en début de matinée !
Pour moi, un gringo est un non-latino-américain ; moi par exemple, ou les autres touristes occidentaux !
Je te souhaite autant de plaisir en Colombie que j'en ai eu, les gens sont d'une extréme gentillesse et le pays est beau